Où les seniors trouvent-ils de vraies opportunités professionnelles dans les associations ?

06/02/2026

Pourquoi les associations misent sur les seniors ?

Les seniors sont aujourd’hui plus nombreux et déterminés à rester actifs. Leur expertise et leur engagement sont très recherchés par les associations françaises, qui font face à une pénurie de compétences, notamment sur les métiers liés à l’encadrement, à l’administration, au conseil ou encore à l’accompagnement de personnes. D’après France Bénévolat, plus de 20 % des bénévoles associatifs réguliers ont plus de 65 ans (France Bénévolat). Mais la nouveauté de ces dernières années, c’est que ces structures ne s’appuient plus seulement sur le bénévolat : de plus en plus, elles proposent de véritables opportunités d’emploi.

Dans un contexte où l’allongement de la vie professionnelle devient une réalité et où la retraite ne rime plus systématiquement avec inactivité, les associations jouent un rôle clé pour intégrer — voire réintégrer — les seniors sur le marché du travail. Elles proposent des emplois adaptés, flexibles et porteurs de sens, tout en valorisant leur expérience.

Les grandes familles d’associations offrant des opportunités aux seniors

1. Les structures nationales reconnues pour leur emploi senior

  • Les Restos du Cœur : Avec plus de 70 000 bénévoles et plusieurs centaines de salariés (dont beaucoup de profils plus expérimentés), les Restos embauchent chaque année sur des postes administratifs, logistiques, d’encadrement, de maintenance ou même de direction locale. À 60 ans, beaucoup de candidats sont sélectionnés pour leur capacité à gérer, accompagner et former des équipes multi-générationnelles (Restos du Cœur).
  • Secours Catholique et Secours Populaire : Ces structures offrent régulièrement des emplois à temps partiel — direction d’antenne, coordination de missions humanitaires, gestion de ressources humaines… Les seniors y trouvent une atmosphère collaborative où leur vécu fait la différence dans l’accompagnement social.
  • Emmaüs : Historiquement attaché à l’inclusion, Emmaüs salarie de nombreux profils seniors pour la gestion des communautés, la gestion administrative et la logistique. Sur le terrain, nombre de responsables sont recréés à 50/60 ans, souvent pour piloter une communauté ou former des compagnes et compagnons.

2. Les associations caritatives locales et régionales

Les associations locales recrutent régulièrement des seniors pour des missions salariales qui nécessitent du relationnel, de l’organisation ou une connaissance pointue d’un secteur (culture, sport, environnement...). Selon l’étude IFOP 2021 sur l’emploi dans les associations (IFOP), 14 % des nouveaux salariés associatifs ont plus de 50 ans. Les tâches ? Coordinations de projets, gestion d’équipes, accompagnement scolaire, accueil de publics fragiles.

  • Les réseaux d’aide alimentaire (Banques Alimentaires, Croix-Rouge locale...) : Ils embauchent des coordinateurs logistiques ou administratifs qui peuvent potentiellement avoir la main sur la gestion d’inventaires, la supervision, le reporting. Ici, la connaissance du secteur n’est pas requise, mais l’expérience managériale est cruciale.
  • Les clubs sportifs (UFOLEP, ASPTT...) : Les activités sportives seniors se développent, et nombre de clubs recrutent des coordinateurs, animateurs ou responsables administratifs ayant un vécu dans l’encadrement.

Les secteurs dynamiques au sein des associations

Si l’on observe la nature des missions les plus accessibles aux seniors, certains domaines sortent du lot :

  • L’accompagnement social (accueil, écoute, médiation auprès des publics fragiles, gestion de structures d’hébergement, etc.)
  • L’éducation et la lutte contre l’illettrisme (animation, tutorat, mentorat, soutien scolaire...)
  • L’administration et la comptabilité (gestion, secrétariat, ressources humaines… domaines où la régularité et l’expérience-prudence sont encore plus valorisées)
  • L’animation et la médiation culturelle (animation d’ateliers, organisation de visites, gestion d’événements...)

D’après la Fondation du bénévolat, 38 % des bénévoles seniors interviennent sur des postes très qualifiés ou d’encadrement, un chiffre en hausse depuis 2016.

Emplois salariés : quels statuts proposés aux seniors ?

De nombreuses associations proposent aujourd’hui des postes en CDI ou CDD à temps partiel. Il s’agit souvent :

  • de missions souples, fractionnées sur la semaine, parfois limitées à quelques heures par mois (idéal pour un cumul emploi-retraite)
  • de contrats aidés, accessibles sans limite d’âge, notamment les CDDU (Contrats à Durée Déterminée d’Usage), ou via le dispositif “Emploi Associatif Sénior” lancé par certaines collectivités locales ((travail-emploi.gouv.fr))

À retenir : selon une analyse du Mouvement Associatif (2023), 23 % des nouveaux salariés recrutés par les associations ont plus de 50 ans et 8 % dépassent les 60 ans.

Les plateformes qui facilitent la mise en relation seniors/associations

Pour candidater, certaines plateformes sont spécifiquement dédiées à la mise en valeur des candidatures seniors auprès des associations :

  • Passerelles et Compétences : Met en relation des seniors experts avec des associations cherchant des conseils ou de l’accompagnement en gestion, communication, finances, logistique... Les missions sont parfois rémunérées, souvent basées sur un diagnostic ou un conseil à court/moyen terme.
  • France Bénévolat : Si le bénévolat est le socle, certaines missions sont déclarées comme “proposables à un cumul emploi-retraite”, voire en prestation. Il suffit de préciser son souhait d’emploi lors de l’inscription pour adapter les offres reçues.
  • Silver Alliance, Seniors at Work et SeniorJob : Ces plateformes mettent en avant les profils seniors pour des missions ponctuelles ou continues dans les secteurs associatifs, en tenant compte de la flexibilité recherchée après 55 ans.

Le mentorat ou le tutorat associatif : une vraie tendance en emploi senior

Selon une étude de l’ANDRH (2023), près de 19 % des seniors actifs déclarent être prêts à transmettre leur expertise dans une association. Certaines structures recrutent spécifiquement des seniors pour occuper des postes de mentors ou de tuteurs :

  • Mentorat d’étudiants ou de jeunes professionnels (Proxité, Article 1... beaucoup de seniors encadrent des jeunes sur leur orientation ou leur insertion).
  • Tutorat professionnel en milieu social via l’Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) ou encore dans les réseaux comme France Active.
  • Accompagnement de créateurs d’entreprise seniors, via la plateforme Les Rebondisseurs, la BGE ou même l’ADIE (création d'activités chez les plus de 60 ans : +18 % en 2023 selon Bpifrance Le Lab).

Le mentorat rémunéré se développe : dans 15 % des cas, ces missions sont proposées avec une indemnité ou un contrat de prestation, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour les jeunes retraités.

Des témoignages inspirants de seniors actifs dans les associations

Un rapport de la DARES (2022) a mis en avant plusieurs cas où, après 55 ans, des seniors ont retrouvé un emploi stable en passant par le secteur associatif, souvent en reconversion totale. Parmi eux :

  • Une ex-directrice commerciale, 62 ans, devenue coordinatrice logistique sur une antenne du Secours Populaire, en CDI 3 jours/semaine, cumulant retraite et salaire.
  • Un ancien chef de service informatique, 67 ans, animateur d’ateliers numériques à la Croix-Rouge pour initier les plus de 80 ans aux outils digitaux. Il témoigne avoir redonné “un sens nouveau à [sa] vie pro”.

Les associations apprécient d’ailleurs cette pluralité de profils : elles recrutent aussi bien d’anciens cadres que des personnes issues de la technique, du social ou de l’administration. Ce sont aujourd’hui plus de 17 % des salariés du secteur associatif qui ont plus de 60 ans (données INSEE 2023).

Pour aller plus loin : conseils pour postuler à un emploi associatif en tant que senior

  1. Valoriser ses compétences transférables : Même sans expérience associative, toute carrière a développé des atouts exploitables : gestion de projet, encadrement, organisation, conseil, capacité d’écoute...
  2. Miser sur sa disponibilité souple : Les associations aiment les candidatures disponibles quelques jours/semaine ou sur des créneaux précis.
  3. Soigner sa lettre de motivation : Mettre en avant la “motivation d’utilité”, l’envie d’être utile aux autres et de partager son expérience.
  4. Utiliser les réseaux : Beaucoup de recrutements se font par cooptation, par rencontres ou par recommandation (pensez au bouche à oreille, aux réseaux d’anciens...).

Les employeurs associatifs sont sensibles à la motivation, à la capacité d’adaptation… mais rarement à l’âge ! À compétences égales, l’expérience acquise est considérée comme un atout pour l’équipe et la mission.

Vers un marché de l’emploi senior associatif en croissance

Le secteur associatif anticipe d’ici 2025 une hausse de 10 à 15 % des besoins en recrutement, majoritairement dans les métiers de l’accompagnement, de la gestion, de l’encadrement et de la formation (sources : Mouvement Associatif, DARES, France Bénévolat). Avec la pénurie de volontaires jeunes pour certaines fonctions, la tendance est à la valorisation de l’emploi senior, notamment avec l’arrivée des baby-boomers sortant progressivement de la vie salariée.

S’investir dans une association en tant que senior, c’est répondre à un besoin social fort, mais aussi s’assurer une seconde vie professionnelle riche de rencontres, d’échanges et d’utilité sociale. La demande est là, les opportunités aussi : il n’a jamais été aussi simple d’oser franchir le pas, d’autant que le secteur continue à inventer de nouveaux statuts, plus flexibles et inclusifs, au service des actifs à pleine maturité.

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