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Plus de 40% des sages-femmes cliniciennes salariées souffrent de burn-out (enquête nationale)

Publiée le: 03.06.2020
 
PARIS, 3 juin 2020 (APMnews) - Plus de 40% des sages-femmes cliniciennes salariées souffrent de burn-out, ainsi qu'environ un tiers des sages-femmes libérales ou enseignantes, et les deux tiers des sages-femmes coordinatrices, selon une enquête nationale menée par le Collège national des sages-femmes (CNSF) publiée mercredi.
 
Le CNSF, avec l'université Paris VIII, a lancé en octobre 2019 une évaluation sur la santé au travail des sages-femmes en France. L'objectif est de nourrir la réflexion à la suite de la publication du "Livre noir de la gynécologie" et des conclusions du rapport sur la bientraitance en obstétrique de l'académie de médecine, indique la société savante.
 
Le premier volet de cette évaluation, publié mercredi, consiste en un état des lieux national de la santé des sages-femmes au travail s’appuyant sur des données quantitatives, dans les différents modes d’exercice de la profession sur l’ensemble du territoire français. "Cette enquête sera dans un second temps complétée par une étude qualitative afin de comprendre les enjeux et ainsi identifier de façon plus pertinente des stratégies d'ajustement à l'activité professionnelle." Des propositions de recommandations concrètes en termes organisationnels, de prévention primaire, de dispositifs de soutien et de prises en charge dédiées seront ensuite édictées.
 
Les sages-femmes de l'ensemble du territoire ont été invitées par e-mail à participer à l'enquête, via des réseaux professionnels. Au total, 2.767 sages-femmes ont retourné des réponses exploitables, représentant plus de 12% de la population des sages-femmes françaises. Parmi les réponses, 2.087 viennent de cliniciennes salariées, 502 de cliniciennes libérales, 134 de sages-femmes coordinatrices, 40 d'enseignantes et 4 de chercheuses.
 
En fonction du mode d'exercice des sages-femmes, 3 versions du Maslach Burnout Inventory (MBI) ont été utilisées, ainsi que la version courte du Copenhagen Psychosocial Questionnaire (COPSOQ) pour l'évaluation des facteurs de risques psychosociaux.
 
Il en ressort que 42,3% des sages-femmes cliniciennes salariées souffrent de burn-out, en présentant au moins 1 dimension touchée (parmi épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement personnel). Chez les sages-femmes libérales, cette proportion atteint 31,0%, et 37,5% chez les enseignantes. Les sages-femmes coordinatrices sont 65,7% à souffrir de burn-out.
 
Un burn-out fort (avec les 3 dimensions touchées) touche 4,4% des sages-femmes cliniciennes salariées, 1,0% des libérales, 2,6% des enseignantes et 12,7% des coordinatrices.
 
Les principaux facteurs de risque identifiés comme ayant une forte relation avec l'épuisement émotionnel sont, chez les cliniciennes salariées, un conflit vie privée/vie professionnelle important et une forte charge de travail; chez les coordinatrices, un conflit vie privée/vie professionnelle important également et de fortes exigences émotionnelles.
 
Dans les 2 cas, la même analyse conduite sur la satisfaction au travail fait ressortir en premier lieu une reconnaissance importante comme facteur ayant une forte relation à ce critère.
 
L'étude montre aussi que plus de la moitié des sages-femmes font des heures supplémentaires, qui ne sont ni récupérées ni rémunérées dans plus de 60% des cas.
 
"La souffrance d'un grand nombre des sages-femmes françaises est préoccupante", alertent les auteurs.
 
"Ces données alarmantes sur l'épuisement professionnel dont sont victimes les sages-femmes doivent, au-delà d’informer la profession, alerter les pouvoirs publics quant à leur impact sur la qualité et la sécurité des soins. La bienveillance prodiguée auprès des usagers de notre système de santé périnatal ne peut exister sans une nette amélioration des conditions de travail des sages-femmes", souligne le CNSF dans un communiqué mercredi.
 
La société savante rappelle que ces professionnelles de santé réalisent 87,4% des accouchements par voie basse non instrumentale en France selon l’Enquête nationale périnatale de 2016.
 
Elle appelle à prendre des "mesures fortes", alors que s'ouvre le Ségur de la santé, afin de:
 
  • actualiser les décrets de périnatalité, datant de 1998, qui définissent l’organisation des services de maternité et fixent les effectifs des sages-femmes
  • améliorer la coordination entre la ville et l’hôpital
  • reconnaître le caractère médical de la profession via la création d’un statut hospitalo-universitaire afin de renforcer l’actualisation des pratiques au regard des dernières évolutions scientifiques
  • permettre une meilleure reconnaissance avec une représentativité des sages-femmes au sein de la gouvernance hospitalière permettant une amélioration des conditions de travail
  • créer un statut de maître de stage en maïeutique.
 

L'ordre des sages-femmes lance une consultation auprès de la profession

 
Dans le cadre du Ségur de la santé également, le Conseil national de l'ordre des sages-femmes (Cnosf) a annoncé mardi qu'il ouvrait une consultation auprès de la profession, afin de définir ses attentes et ses ambitions.
 
Un questionnaire a été adressé le 1er juin aux 25.000 sages-femmes inscrites au tableau de l'ordre, portant sur la crise du Covid-19, sur leur exercice, leurs attentes ou encore leur vision du système de santé.
 
Un questionnaire a également été adressé fin mai à plus de 700 élus ordinaux. Cinq webinaires s'en suivront, au cours desquels un premier bilan sera fait et des axes de travail seront proposés. L'objectif est d'aboutir à la création d'une plateforme participative où les sages-femmes pourront s'exprimer.
 
Rapport sur l'évaluation de la santé au travail des sages-femmes en France
 
cd/ab/APMnews
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