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Souffrance du personnel médical hospitalier: la notion de danger pour soi devient prédominante (APH)

Publiée le: 24.02.2020
 
PARIS, 24 février 2020 (APMnews) - Le niveau de souffrance du personnel médical hospitalier déclaré auprès de l'Observatoire de la santé au travail (Osat) porté par l'intersyndicale Action praticiens hôpital (APH) fait apparaître le sentiment d'un danger imminent pour soi dans 60% des cas, est-il précisé dans le bilan 2019 de l'observatoire.
 
Ce bilan, rendu public la semaine dernière par APH, a été effectué sur la base de 57 fiches déclarées en 2019 sur le site de l'observatoire (contre 64 en 2018). Elles proviennent pour 23% de professionnels médicaux de CHU, 72% de centres hospitaliers (CH), 4% d'établissements publics de santé mentale et 2% d'Espic (établissements de santé privés d'intérêt collectif).
 
"Le niveau de souffrance sur une échelle de 1 à 10 est auto-évalué à 8 par les déclarants", avec "un danger imminent pour soi dans 60% des cas" (contre 50% en 2018), est-il décrit dans le bilan.
 
Les femmes "ont déclaré deux fois plus que les hommes" (63% contre 37%). L’âge médian des déclarants est de 48 ans et 77% ont un statut de praticien hospitalier à temps plein. APH note par ailleurs l'"apparition parmi les déclarants de praticiens ayant des fonctions universitaires (2%)".
 
Les déclarants ont "une fonction de chef de service ou de chef de pôle dans un quart des cas" et 21 spécialités différentes sont représentées, "en tête desquelles l’anesthésie-réanimation, la pharmacie et la médecine d’urgence".
 
Le temps de travail médian déclaré pour les PH temps plein est de 48h. Parmi les déclarants, 58% cotisent à un syndicat.
 
La souffrance déclarée a "pour conséquence des troubles du sommeil dans 77% des cas, des troubles anxio-dépressifs dans 65% (avec nécessité d’un traitement anxiolytique ou anti-dépresseur dans 26% des cas) et des troubles alimentaires dans 40%", détaille le bilan.
 

Les déclarations d'idées suicidaires ont doublé en un an

 

Elle a "entraîné un arrêt de travail de plus de 2 semaines dans 26% des cas". Les conséquences sur la vie personnelle se sont traduites "par des difficultés dans le couple dans 26% des cas et avec les enfants dans 21%".
 
Des idées suicidaires sont "présentes dans un quart des cas, elles ont doublé par rapport à 2018", relève APH. L'organisation souligne aussi le taux de "9% d’addictions déclarées (aux tranquillisants dans 80% des cas)".
 
La principale solution retenue par le déclarant a été la soustraction à l’activité, c'est-à-dire une recherche de mutation (37%) ou un projet de démission (32%).
 
Comme dans le bilan 2018, la principale cause de la souffrance réside, selon les déclarants, dans "un arbitraire flagrant lié à la gouvernance dans l’établissement (63% des déclarations)".
 
Sont également mentionnés "une surcharge quantitative de travail dans le temps imparti (53%), un déficit de personnels médicaux dans le service (49%), un dialogue impossible avec les responsables de service ou de pôle (46%) et une présomption de harcèlement moral au travail (47%)".
 
Celui-ci provient "de la direction dans 56% des cas et de la hiérarchie médicale dans 41% des cas". Il se manifeste "par des dévalorisations implicites et sournoises (81%) et des attitudes de mépris (78%)".
 
La protection fonctionnelle n'a pas été demandée par le déclarant dans 78% des cas. Lorsqu’elle a été demandée, elle a été accordée dans 33% des cas (refus dans 67%).
 
Sont également fréquemment citées "la désorganisation grave et chronique du service (46%), la pesanteur hiérarchique (42%) et la surcharge émotionnelle (42%)".
 
Les répondants ont déclaré avoir un médecin traitant dans 48% des cas. "Aucun n’a utilisé un service de plateforme téléphonique tel qu’une hotline", mais "79% des déclarants souhaitaient être contactés par l’un des écoutants de l’Osat".
 
Les déclarants ont entrepris des démarches vers le supérieur hiérarchique dans 32% des cas, vers le président de la commission médicale d'établissement (CME) dans 32%, le médecin traitant dans 30%, le médecin du travail dans 49%, le conseil départemental de l'ordre des médecins dans 16%, le Centre national de gestion (CNG) dans 9%, un avocat dans 12% et l’agence régionale de santé (ARS) dans 12% des cas.
 
Ils ont considéré avoir reçu de la compréhension dans 73% des cas, un soutien dans 67% et de l’indifférence dans 19%. Ils ont ressenti un parti pris pour l’autorité dans 25% des cas et une incitation au départ dans 42% des cas.
 
APH rappelle porter l'Osat depuis le 7 décembre 2017, date à laquelle il a repris un travail initialement lancé par le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E).
 
"C’est une plateforme en ligne sur laquelle les personnels médicaux hospitaliers peuvent déclarer les situations individuelles de souffrance en lien avec leur vie professionnelle", afin de "permettre si nécessaire la mise en place d’une action afin d’y faire face, ainsi que d’assurer une surveillance de type épidémiologique sur les causes de cette souffrance", précise l'organisation.
 
"Afin de réduire ces situations, il est nécessaire que tous les acteurs de la santé se mobilisent et agissent. Les données présentées dans ce bilan sont destinées à cela", souligne-t-elle en conclusion.
 
mlb/ab/APMnews
[MLB4Q67PK8]

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