Nous utilisons des cookies afin de vous rendre la navigation sur notre site Web plus agréable. Afin de respecter la Directive relative à la Confidentialité Electronique, nous devons vous demander l’autorisation de mettre en place ces cookies.

Recruteurs

Hôpital: les écarts de rémunération entre titulaires et contractuels génèrent des tensions (journée de l'Adrhess)

Publiée le: 31.01.2020
 
LEVALLOIS-PERRET (Hauts-de-Seine), 31 janvier 2020 (APMnews) - Un écart de rémunération trop important entre agents titulaires et contractuels, souvent au bénéfice de ces derniers, peut générer d'importantes tensions au sein des équipes, ont alerté deux directrices des ressources humaines (DRH), vendredi lors d'une journée d'étude de l'Association pour le développement des ressources humaines des établissements sanitaires et sociaux (Adrhess).
 
Marie Muller, DRH au centre hospitalier (CH) Sud-Francilien à Évry-Courcouronnes (Essonne), et Marie-Chantal Guillaume, DRH au CH de Valenciennes (Nord), sont intervenues lors d'une table ronde intitulée "La gestion contractuelle des personnels non médicaux: une boîte à outils".
 
Au CH Sud-Francilien, les contractuels non médicaux représentent "16% de notre effectif" (sur 3.100 paramédicaux), a déclaré Marie Muller.
 
"Nous les recrutons quand on ne trouve pas de titulaires ou alors lorsque nous avons une politique de démarrage de carrière sur les contractuels", poursuit-elle. Aujourd'hui, "on se rend compte qu'il y a de plus en plus de contractuels au long cours dans notre établissement" et cela conduit "à imaginer la mise en place d'une gestion différenciée par rapport aux titulaires".
 
Marie Muller a expliqué qu'il existe "deux grands types de contractuels":
 
  • "Ceux qui sont recrutés sur les salaires les plus faibles, donc généralement des CDD sur des emplois de catégorie C peu qualifiés qui sont renouvelés assez longuement. Et en fonction de nos politiques plus ou moins favorables, on finit par les titulariser".
  • "D'un autre côté, il y a les profils qualifiés que nous recrutons généralement parce qu'aucun titulaire n'a été trouvé car nos grilles titulaires sont malheureusement trop peu attractives." "Nous recrutons donc en CDI avec des salaires très souvent plus élevés à l'entrée que ceux des titulaires et avec des politiques de revalorisation plus ouvertes à la négociation."
 
Ces écarts sur les emplois qualifiés peuvent "générer des tensions très fortes avec les titulaires sur les questions de revalorisation", prévient-elle.
 

Des contractuels qui ne veulent plus être titularisés

 

"Nous commençons à voir aujourd'hui que nombre de contractuels ne souhaitent pas être titularisés", témoigne Marie-Chantal Guillaume.
 
De plus en plus d'agents "veulent rester en CDI parce qu'il y trouve un intérêt, au niveau bien sûr de la rémunération mais aussi au niveau de la mobilité", poursuit-elle. Les nouvelles générations "ont envie de bouger et de ne pas s'enfermer dans un statut".
 
Sur certains métiers, "comme les masseurs-kinésithérapeutes ou les manipulateurs radio", les conditions "actuellement proposées aux contractuels sont plus favorables que celles offertes aux titulaires", complète Marie Muller. "La question des demandes de détitularisation va se poser un jour" avec des "titulaires qui se disent que finalement il est plus avantageux de passer sous contrat".
 
Le "mécontentement monte notamment parmi les manipulateurs" concernant "les différences de rémunération entre ceux arrivés dans les moments en tension, à qui on a proposé des CDI et des primes, et ceux qui sont titulaires depuis toujours", corrobore Marie-Chantal Guillaume.
 
"Il n'y a pas eu encore de demandes de détitularisation au CH de Valenciennes mais les gens commencent à se poser la question: 'et si je devenais contractuel'", poursuit-elle.
 

Quelles solutions pour prévenir les tensions ?

 

Pour prévenir les tensions, le CH Sud-Francilien a mis en place il y a quelques mois "des règles précises de gestion qui décrivent comment on recrute un CDD, comment on passe en CDI, comment on fixe la rémunération à l'entrée et comment on la revalorise", explique Marie Muller.
 
"Etonnamment, cela s'est très bien passé au niveau des instances même si les partenaires sociaux nous rappellent que le statut c'est la titularisation, la mise en stage, puis une politique de concours dès que possible", précise-t-elle.
 
Au CH de Valenciennes, "nous avons travaillé au niveau des RH et managers pour ne pas déséquilibrer la qualité, l'organisation et la permanence des soins", complète Marie-Chantal Guillaume.
 
"Nous avons donné une forte délégation aux encadrements supérieurs des pôles pour gérer au plus près du terrain ces contractuels, les possibilités et les limites des contrats, puisque ce sont les pôles qui gèrent les recrutements avec les DRH", ajoute-t-elle. "Nous essayons comme cela de limiter les iniquités."
 
syl/ab/APMnews
[SYL3Q4Z3T5]
 

Toutes les news