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Recruteurs

Les chantiers de l'EHESP sur le volet "formation des managers"

Publiée le: 12.11.2019
 
(Par Jean-Yves PAILLÉ, au congrès du Syncass-CFDT)
 
BORDEAUX, 12 novembre 2019 (APMnews) - Laetitia Laude, professeure à l'institut du management de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), a détaillé vendredi les trois axes du volet formation du contrat d’objectifs et de performance (COP) 2019-2023.
 
Le nouveau COP de l'EHESP a été validé en octobre. Il comprend cinq volets, dont un consacré à la formation visant à "structurer une offre de formation ouverte aux évolutions de système de santé et adaptée aux compétences attendues des professionnels et acteurs de santé", rappelle-t-on (cf dépêche du 11/10/2019 à 17:02).
 
Laetitia Laude a détaillé les trois axes du volet consacré à "la réingénierie des formations" que sont "les approches par compétences", l'"individualisation" et "l'alternance", lors d'une table ronde ayant pour thème "Management des managers: pour aller plus loin", dans le cadre des journées nationales du Syncass-CFDT (Syndicat national des directeurs, cadres, médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens des établissements sanitaires et sociaux publics et privés) qui se déroulaient jeudi et vendredi.
 
Le premier chantier est "une construction de formations à partir de blocs de compétences. On a coconstruit dans un groupe de travail avec les représentants des organisations syndicales, des associations professionnelles, le ministère, le CNG [Centre national de gestion]", entre autres, "un référentiel de compétences pour les directeurs", a-t-elle indiqué.
 
Cette "logique de formation" construite sur la base de blocs de compétences "doit nous permettre de dépasser les cloisonnements disciplinaires dans la formation", a-t-elle fait valoir. Selon Laetitia Laude, "on ne peut plus former des directeurs en s'organisant avec des silos disciplinaires ou fonctionnels, certains ne faisant que de la finance, d'autres que des ressources humaines, et les enseignements étant construits sur cette logique très balkanisée".
 
Dans le cadre du deuxième chantier, celui de l'individualisation, "les blocs de compétences vont se décliner dans un livret de compétences, qui appartiendra à l'élève et servira de ligne directrice tout au long de la formation pour essayer de valider progressivement la construction de la compétence à partir d'un référentiel". Ce référentiel "sera commun au corps enseignant, au terrain de stage et à l'élève lui-même qui devient de facto un acteur majeur de sa formation, ce qui n'est peut-être pas suffisamment le cas encore", a-t-elle complété.
 
Laetitia Laude a indiqué constater aujourd'hui chez les élèves "des formes de passivité, qu'on peut expliquer par des modalités pédagogiques inappropriées", en dépit de "tentatives de diversifier les modalités pédagogiques et les intervenants".
 
Concernant le troisième chantier, celui de l'alternance", l'EHESP "a fait le constat que la césure est trop forte entre les périodes que les élèves passent à l'école et les périodes passées dans les établissements: il n'y a plus de liens". "On souhaite réfléchir à un passage véritablement à un dispositif d'alternance" qui pourrait "être animé" avec plusieurs "modalités d'accompagnement". L'établissement en a choisi trois: développer des logiques de monitoring, des logiques de coaching et mettre en place le codéveloppement "comme une des méthodes génériques pour nous". Pour ce dernier modèle, Laetitia Laude a expliqué que "le corps enseignant se forme, se fait certifier [...] de façon à avoir une assise solide sur l'accompagnement des professionnels en formation continue et des élèves".
 
Laetitia Laude a souligné qu'actuellement plusieurs scénarios pour l'alternance se présentent: une alternance qui répartirait la formation et la présence dans l'établissement à un rythme d'"une semaine/trois semaines", ou des "scénarios plus modestes avec des alternances qui seraient en période plus longue". "Cela doit se mettre en place progressivement. On ne va pas passer directement de notre modèle actuel à un système d'alternance une semaine/trois semaines. Il y a une "vraie ambition" de l'EHESP à renforcer son rôle de "partenaire" avec les établissements de santé, a-t-elle assuré.
 
Interrogée sur le changement de modèle économique de l'EHESP (cf dépêche du 11/10/2019 à 17:02), elle a noté que le fait que "l'assurance maladie devienne le financeur [à partir de 2020] de l'établissement [...] peut poser question légitimement". Mais elle y voit un "changement apportant de la stabilité à l'école: elle en avait besoin, elle l'avait perdue depuis quelques années".
 
jyp/nc/APMnews
[JYP9Q0UKMI]

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