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Recruteurs

Le SMPS va évoluer pour être un syndicat plus ouvert et moderne (Jérémie Sécher)

Publiée le: 08.10.2019
 
(Par Sabine NEULAT-ISARD, au congrès du SMPS)
 
LYON, 8 octobre 2019 (APMnews) - Le Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS) va faire évoluer ses statuts et son fonctionnement global pour devenir une organisation plus ouverte et moderne, a annoncé son président, Jérémie Sécher, mardi matin, à l'ouverture du 72e congrès du syndicat qui se tient jusqu'à mercredi à Lyon.
 
"Le 16 septembre, le bureau national et le conseil national étaient réunis pour participer à un séminaire de refondation, format 'hackaton', et formuler des pistes très concrètes d'évolution à court et moyen termes", a déclaré Jérémie Sécher.
 
Ce séminaire a marqué "l'an I de la refondation" du SMPS, a-t-il indiqué.
Les participants ont souhaité de manière "unanime" que le syndicat soit ouvert aux médecins, considérant que "les enjeux auxquels nous devons faire face imposent de jouer 'collectif', en dépassant les logiques de corps". "Nous avons besoin de 'refaire hôpital' au sens large", a-t-il insisté.
 
Jérémie Sécher a précisé qu'un "certain nombre de médecins manageurs" s'étaient déjà "rapprochés du SMPS pour échanger sur des problématiques communes", comme "la gouvernance, le territoire, les parcours professionnels en santé, l'attractivité du secteur social et médico-social", et "ont formulé leur souhait d'adhérer [au syndicat], en transcendant les identités professionnelles et les corporatismes".
 
L'objectif est d'"oublier les égoïsmes passés au profit d'un nouveau contrat hospitalier et médico-social", a-t-il affirmé, en estimant que les directeurs ne seront plus à la tête "d'un établissement" mais à celle de "réseaux incluant les professionnels de santé dans leur diversité".
 
Parmi les autres pistes qui ont émergé du séminaire, figure la mise en place de "labs" en région, c'est-à-dire de "groupes de réflexion qui auraient vocation à s'appuyer sur les expériences et les acteurs de terrain pour contribuer à alimenter les messages portés par le SMPS".
 
Les participants se sont aussi interrogés sur "l'identité" du syndicat. Cette identité "est multiple", "doit être mouvante", le manageur devant être "pluriel", a expliqué Jérémie Sécher.
 
Pour tenir compte de ces souhaits, il a annoncé plusieurs actions, notamment la révision des statuts du syndicat.
 
"Les statuts actuels sont le reflet d'une époque et peut-être d'un siècle aujourd'hui révolus", a-t-il observé. "Il faut repenser la 'frontière catégorielle'" et "créer des ponts" en vue notamment d'accueillir des "médecins" ou d'"autres manageurs qui oeuvrent pour le service public de santé", a-t-il expliqué.
 
Il a aussi appelé à "amplifier les labs régionaux" pour "en faire des outils au service de la doctrine d'action" du SMPS et de la diffusion de l'innovation. Ils doivent être "un moyen de favoriser les échanges entre le national et le régional et de sortir d'une logique 'top down' qui nous est parfois reprochée", a-t-il estimé.
 
Jérémie Sécher qui a été réélu en juin à la présidence du SMPS (cf dépêche du 07/06/2019 à 10:38) a également appelé à "aller plus loin" en mettant en place une "plateforme de réflexion permanente sur les évolutions du système de santé et le financement de la protection sociale".
 
Si la forme juridique de cette plateforme est encore en réflexion, elle sera installée "à côté du syndicat et en association avec le monde médical et soignant".
 
Le président du SMPS a aussi proposé de revoir le "fonctionnement global" du syndicat. "Est-il encore pertinent d'organiser nos bureaux et conseils nationaux en fonction d'une approche métier?". "Une approche par les compétences n'est-elle pas plus pertinente?", a-t-il demandé aux congressistes en les appelant à être "modernes" pour un syndicat "avant-gardiste".
 
Il a lancé l'idée de créer une fonction de "lobbyiste" au sein du bureau national. "Le temps de l'urgence nous impose une réaction des plus immédiates pour éviter que ne se diffuse un discours d'émotion au détriment d'un discours de raison", a-t-il dit.
 

Un contexte de crise, pas apaisé par "Ma santé 2022"

 
A plusieurs reprises, il a rappelé que son intervention avait lieu dans un contexte de "crise" pour l'hôpital et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), la situation devenant même "de plus en plus inquiétante".
 
Le plan "Ma santé 2022", présenté en septembre 2018 et qui comprenait de "bonnes" orientations, "n'a pas permis de rassurer sur un avenir meilleur". Un an après, "le mal est encore plus profond et le système plus que jamais au bord de l'effondrement", a-t-il affirmé en estimant que l'exemple des urgences était "emblématique" d'une situation dans laquelle 3,5 milliards d'euros ont été mis, pour des résultats "éphémères". "Des annonces, des annonces, mais à quand les réponses?", a-t-il demandé.
 
Dans ce contexte, le rôle des directeurs et des cadres hospitaliers "est d'autant plus complexe qu'[ils] subissent tout autant les dysfonctionnements du système et doivent répondre au mal-être des professionnels qui travaillent dans nos établissements", a-t-il observé.
 
Et les mesures proposées restent insuffisantes, a témoigné Jérémie Sécher.
 
Sur la prise en charge des patients, "la vraie question est de permettre une gradation des soins en organisant la proximité, en lieu et place des pyramides qui nous sont imposées depuis 5 ans," a-t-il estimé en se référant à la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT).
 
Quant à la mesure visant à renforcer le recours à des directeurs contractuels, inscrite dans la loi de transformation de la fonction publique, il a considéré que cette mesure qui ne s'accompagne pas d'une revalorisation pour les titulaires ne permettra pas aux métiers de direction de retrouver leur attractivité perdue. Les contractuels "ne veulent pas venir", a-t-il insisté.
 
Pour Jérémie Sécher, il est essentiel que les manageurs "redonnent du sens" à ce qu'ils font et défendent leur "identité de façon globale".
 
Lors de son intervention, il a fait référence aux fonctions qu'il a prises en mai au sein du groupe MGEN et qui le conduisent à diriger 60 établissements (cf dépêche du 26/04/2019 à 12:26). Il a estimé qu'il avait ainsi davantage de "liberté" et était toujours "légitime" pour représenter ses collègues comme président du SMPS.
 
san/ab/APMnews
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