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Recruteurs

Emmanuel Macron lie réforme des retraites et refonte des carrières

Publiée le: 04.10.2019
 
RODEZ, 4 octobre 2019 (APMnews) - Le président de la République a évoqué à plusieurs reprises un système de retraites actuel "injuste" pour les professionnels de santé, dont la refonte devrait être liée à celle des carrières, lors d'un débat organisé jeudi soir à Rodez.
 
Au cours de la soirée organisée par La Dépêche du Midi, à laquelle a participé le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye, Emmanuel Macron a cherché à convaincre les participants, sélectionnés par le quotidien régional, du bien-fondé du régime universel qu'il souhaite substituer aux 42 régimes actuels.
 
"Quand vous êtes infirmier ou infirmière, si vous êtes dans le libéral, vous avez un régime de retraite qui est profondément différent de celui de la fonction publique. Votre âge de départ n'est pas le même et les modalités de calcul ne sont pas du tout les mêmes. Ce n'est pas totalement justifié par la fonction elle-même", a affirmé Emmanuel Macron au début du débat, étalé sur près de 3h30.
 
"Les enseignants, les aides-soignants, les infirmiers, infirmières, les policiers, etc., on ne peut pas toucher au nouveau système si on ne change pas la carrière, mode de progression et autres", a-t-il continué.
 
"C'est une refonte en profondeur, on voit la crise qu'il y a en ce moment à l'hôpital et aux urgences, c'est une crise qui vient de loin, de 20 ans de serrage de boulons, qui avait des justifications pour tenir les comptes, je ne critique personne, mais on a aujourd'hui des professionnels de santé, quelle que soit leur qualification, leur rôle à l'hôpital ou dans le médico-social, qui sont aujourd'hui en souffrance", a-t-il constaté.
 
"La réforme des retraites pour ces professions-là, elle devra intégrer d'abord et avant tout une refonte en profondeur de la carrière, de la valorisation en termes financiers, mais aussi de la manière qu'on a de penser la carrière. On ne peut pas faire jusqu'à l'âge de la retraite des métiers qui sont durs, sur le plan physique, émotionnel. On ne peut pas être aide-soignante ou aide-soignant, infirmier ou infirmière de nuit jusqu'à la retraite [...], ça fait partie d'ailleurs sans doute des tâches qui justifient d'avoir des bonus et de partir plus tôt", a-t-il développé.
 
"Un des points qu'on devra purger entre janvier et mars, c'est le rythme de transition […]. Les infirmières, c'est pas vrai qu'on fera tout du jour au lendemain, il faut être clair, je ne saurais pas le faire. On ne peut pas en 2025 basculer tout le monde", a-t-il poursuivi.
 
"Les carrières sont ainsi construites que, aujourd'hui quand vous êtes infirmière à l'hôpital, vous n'êtes pas bien payée et vous avez des compensations qui sont liées au fait que vous pouvez partir à 57 ans si vous avez vos 17 ans de service actif. C'est injuste. Toutes celles et ceux qui ont ça il faut leur laisser, ceux qui n'ont pas tout à fait ça serait injuste de leur dire tout d'un coup vous perdez tout ça, donc on va mettre de la transition", a détaillé Emmanuel Macron, promettant de la "transparence" lors de la phase de concertation, entre janvier et mars.
 

Taux et durée de cotisation

 

"La question qui est posée pour votre génération, c'est 'Est-ce qu'on va devoir cotiser un peu plus pour que le système soit équilibré en 2025?' Je n'ai pas la réponse aujourd'hui, la question a été posée par le premier ministre au COR [Conseil d'orientation des retraites]", a-t-il expliqué, assurant que l'âge de départ à la retraite serait maintenu à 62 ans.

"L'un des points clés qu'on a mis, c'est que le nouveau système, qui doit démarrer en 2025, doit commencer équilibré […]. Si le COR dit 'Il manque 8, 10 milliards', on devra dire 'Il faut travailler un peu plus longtemps'. S'il nous dit "C'est à l'équilibre en 2025', on n'aura pas besoin de faire d'efforts", a-t-il nuancé.
Emmanuel Macron a appelé à la présentation d'une loi cadre issue de la concertation, en juillet 2020 ou avant si possible.
"Sur cette base-là, on pourrait avoir une étude d'impact générale, et avoir des mécanismes de simulation. Est-ce qu'on arrivera à faire des simulations individuelles, les cas étant si spécifiques? Je ne sais pas vous le dire, on va essayer. Mais que chacun puisse en tout cas se repérer par grande catégorie", a-t-il appelé de ses voeux.
 

Ondam et dépendance


Sollicité par un salarié d'établissement de santé privé à but non lucratif, qui a expliqué que l'évolution de ses revenus était conditionnée par la hausse de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), Emmanuel Macron a estimé qu'il s'agissait-là d'une "injustice du système actuel", puisque ce salarié, à travail égal, ne bénéficiait pas des mêmes avantages et des mêmes droits à la retraite qu'un agent de la fonction publique hospitalière ou un salarié de clinique commerciale.
 
Il a toutefois estimé que "la bonne réponse ne devait pas simplement sortir de l'Ondam" et que ce dernier n'était pas "intangible".
 
"J'assume totalement les besoins" a-t-il affirmé, évoquant le financement de la psychiatrie ou encore des urgences, la sortie de la tarification à l'activité (T2A) et la refondation des carrières "qui ne se fera pas en 2 ans".
 
"Il faut sortir de la simple contrainte mécanique de l'Ondam" a-t-il appuyé, jugeant que ces deux dernières années n'avaient pas été marquées par une "logique gestionnaire", et qu'il fallait "aller plus vite".
 
Interrogé sur le chantier de la dépendance, "autre continent", le chef de l'Etat a estimé nécessaire de baisser les coûts (domotique, installation, fonctionnement) en industrialisant l'offre, et d'adapter l'offre médico-sociale aux enjeux actuels du grand âge sans tomber dans la "surmédicalisation".
 
"Plus on a une réponse adaptée, plus on limite les coûts", a-t-il argumenté, estimant par ailleurs qu'il fallait plus de personnel soignant, et que la réflexion devait porter sur la structuration et la solvabilité du futur système de prise en charge de la dépendance.
 
bd-jyp/nc/APMnews
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