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Recruteurs

Attachés d'administration hospitalière: les arrêtés déterminant les conditions d'accès au Graf sont parus

Publiée le: 23.08.2019
 
PARIS, 23 août 2019 (APMnews) - La priorité doit être mise sur les effectifs des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), affirme la Conférence nationale des directeurs d'établissements publics pour personnes âgées et handicapées (CNDEPAH), dans sa contribution, rendue publique vendredi, à la mission de Myriam El Khomri sur les métiers du grand âge.
 
L'ancienne ministre du travail a été chargée en juin par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, de piloter le plan métiers du secteur du grand âge (cf dépêche du 13/06/2019 à 10:22).
 
Lors de sa prise de fonction, Myriam El Khomri avait assuré que toutes les bonnes volontés étaient les bienvenues pour réfléchir au sujet (cf dépêche du 03/07/2019 à 18:41).
 
Dans sa contribution à cette mission, la CNDEPAH, présidée depuis mai par Emmanuel Sys (cf dépêche du 24/05/2019 à 11:39) insiste sur la priorité à donner aux effectifs. "Les questions de QVT [qualité de vie au travail], d’organisations de travail, de formations, de parcours professionnels ne sauraient, sous peine d’inefficacité, se dispenser d’un préalable essentiel: celui de l’augmentation significative des effectifs en Ehpad", prévient-elle ainsi.
 
"Les ratios actuels, entamés par un absentéisme globalement en hausse, ont emmené un recentrage insatisfaisant du métier d'aide-soignant (AS) vers les soins de nursing", estime-t-elle.
 
Elle juge aussi notamment qu'il ne faut "pas négliger la lourdeur d'un travail, sur le plan physique, qui a souvent abimé les soignants, pesant aussi, notamment sous la forme de congés de longue maladie (CLM) et congés de longue durée (CLD), dans les effectifs".
 
"Par ailleurs", écrit-elle, "l'évolution forte du métier liée à l’évolution des populations accueillies constitue aussi une donnée majeure. L’accueil de personnes âgées atteintes de maladie d’Alzheimer ou apparentée renforce l’exigence professionnelle: les AS d’aujourd’hui doivent développer une capacité d’analyse, une communication non verbale, une finesse psychologique accrues", d'autant plus que "les infirmiers ne parviennent pas suffisamment, par manque de temps, à développer leur rôle d’encadrement intermédiaire".
 
Dans ce contexte, la CNDEPAH préconise d'augmenter les effectifs et de mener "une réforme architecturale des unités des Ehpad", qui "ne doivent pas dépasser 20 lits" et "être sous la responsabilité d’un cadre intermédiaire de terrain".
 
"Les petites unités, au personnel soignant stable et dédié, sous l’animation d’un cadre de terrain (de type infirmier coordonnateur), constituent à la fois une réponse à la demande d’individualisation des usagers et de leurs familles, mais aussi concourent au sentiment d’appartenance du personnel, au renforcement de la solidarité professionnelle et donc à la limitation de l’absentéisme", assure-t-elle.
 
Et pour cela, le "ratio nécessaire" est de "1 aide-soignant pour 7 résidents le matin, soit globalement une augmentation de 42% par rapport aux effectifs actuels (1 pour 10 le matin)", ce qui veut dire que "les futures unités de 20 lits doivent être composées de 3 soignants, majoritairement aides-soignants, le matin et de 2 soignants l’après-midi, tous les jours de la semaine, week-end compris".
 
Avec "un personnel d’encadrement intermédiaire par unité de 20 lits", la conférence préconise donc un "ratio global" "de 0,84", contre "0,63 actuellement".
 

La prime ASG pour tous les aides-soignants

 

La conférence fait aussi des préconisations sur la formation des aides-soignants, estimant que les 140 heures de formation d'assistant de soins en gérontologie (ASG) "doivent constituer un module obligatoire complémentaire à la formation initiale pour tous les AS travaillant en gériatrie", et que "la prime ASG doit être généralisée, ET [sic] intégrée au traitement indiciaire, et sortir donc de la logique indemnitaire".
 
"Le double objectif d’amélioration de la qualification des AS et de la valorisation salariale est ainsi atteint, concourant à l’amélioration très significative de l’attractivité des métiers", commente-t-elle.
 
La CNDPAH souligne aussi "une hypocrisie": "Il y a au sein des Ehpad presque autant de personnel AS que de personnel 'agent des services hospitaliers' (ASH), lesquels, par glissement indispensable de tâches, ont des missions souvent très proches de celles des AS".
 
De plus, ces agents des services hospitaliers qualifiés (ASHQ) "sont historiquement majoritairement pris en charge par le tarif hébergement et donc par les usagers et leurs familles". Ainsi, "sans que cette question n'ait jamais fait l’objet d’un véritable débat, les usagers se substituent à une sécurité sociale insuffisamment calibrée".
 
Dans ce cadre, la conférence appelle à "une incitation organisée à la VAE [valorisations des acquis de l'expérience] des ASHQ qui ont cette capacité à monter en niveau" et à "enrichir le parcours professionnel des AS par la possibilité de valider des modules complémentaires facultatifs, permettant l’approfondissement des connaissances gériatriques" sur par exemple "la nutrition, la prévention des chutes, la contention, les soins bucco-dentaires, la fin de vie, la douleur".
 
"Ces modules complémentaires, outre le fait de dynamiser la profession par des perspectives organisées, pourraient emmener une valorisation indemnitaire, fût-elle limitée", complète-t-elle.
 

Intégrer la prévention des risques professionnels dans les CPOM


En matière de prévention des risques professionnels, la conférence appelle à "éviter le saupoudrage [...], les actions isolées qui n’auront pour seule qualité que de permettre de se donner, pour tous, bonne conscience".
 
Pour cela, elle propose de "réserver au sein des CPOM [contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens] une attention particulière, un développement particulier" sur la qualité de vie au travail, d'abord "en généralisant les audits qui doivent permettre d’identifier pour chaque établissement les criticités des risques, et donc de professionnaliser les documents uniques des établissements" et "en contractualisant ensuite l’organisation de la prévention, notamment en mettant en place une organisation mutualisée entre établissements (pas trop nombreux pour éviter le saupoudrage) visant à développer des actions de prévention".
 
Il s'agirait aussi de mutualiser "soit en recrutement direct, soit en recours de prestations, un formateur/préventeur/ergonome du travail", présent "une journée par semaine, par établissement", de contractualiser "la généralisation des aides techniques, incluant leur maintenance et la formation à leur utilisation (lève-malades, verticalisateurs…)", et prendre "en considération le fait que nombreux sont les AS en fin de carrière qui présentent des troubles musculo-squelettiques [TMS], ou des aptitudes physiques diminuées".
 
"L’ensemble de ces points feront l’objet d’une contractualisation, d’un dialogue de gestion ET [sic] de financements complémentaires dans le cadre du forfait soins", propose la conférence.
 
vl/nc/APMnews
[VL6PWP1OO]

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