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Recruteurs

Recrutements et coopérations médicales, priorités du directeur par intérim du CH du Haut-Bugey

Publiée le: 12.07.2019
 
OYONNAX (Ain), 12 juillet 2019 (APMnews) - Parvenir à recruter des médecins et du personnel paramédical et renforcer les coopérations médicales avec le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse figurent parmi les priorités de Laurent Chabert, qui dirige par intérim le centre hospitalier du Haut-Bugey (Oyonnax/Nantua), a-t-il affirmé dans un entretien à APMnews.
 
Directeur adjoint aux Hospices civils de Lyon (HCL), Laurent Chabert dirige par intérim le CH du Haut-Bugey à la demande de l'agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, depuis le 20 septembre 2018 (cf dépêche du 27/09/2018 à 18:37).
 
Il a pris la suite de l'administration provisoire qui a été mise en place pendant 6 mois en 2018 en raison de la situation financière très dégradée, des problèmes de recrutements médicaux et d'un blocage institutionnel (cf dépêche du 19/01/2018 à 18:47).
 
La mise en place de l'administration provisoire a conduit l'établissement à sortir de la direction commune qui avait été formée précédemment avec le CH de Bourg-en-Bresse. Les deux établissements restent cependant membres du groupement hospitalier de territoire (GHT) Bresse Haut-Bugey dont le CH de Bourg-en-Bresse est l'établissement support.
 
Interrogé jeudi par APMnews sur la suite de son intérim, Aurélien Chabert a indiqué qu'en accord avec lui et les HCL, l'ARS allait demander le renouvellement de sa mise à disposition pour lui permettre de poursuivre sa mission d'intérim jusqu'en septembre 2020.
 
"Ma priorité a été de remettre en place un fonctionnement institutionnel normal", explique Aurélien Chabert, contacté 10 mois après son arrivée.
Il estime être parvenu à remplir cet objectif à travers des relations plutôt "apaisées et transparentes avec les organisations syndicales" et des "relations de confiance" avec le maire d'Oyonnax et le président du conseil départemental de l'Ain.
 
Il en veut pour preuve un partenariat noué dans le cadre du contrat local de santé (CLS) pour installer un cabinet dentaire du côté des consultations externes de l'hôpital, en réponse à un besoin de santé publique chez des enfants. Le matériel est financé par les collectivités et l'hôpital s'est chargé des recrutements. Le cabinet, qui devrait ouvrir en novembre, sera destiné aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes précaires, sans entrer en concurrence avec les cabinets libéraux, souligne le directeur.
 

Un déficit encore important

 

Interrogé sur la situation financière, il observe qu'elle reste "dégradée" avec un déficit qui a atteint, en 2018, entre 3 millions et 3,5 millions d'euros, hors aides de l'ARS. L'établissement a bénéficié en effet d'une aide exceptionnelle de 2 millions d'euros en 2018.
 
Pour 2019, il a déjà reçu 1 million d'euros d'aide exceptionnelle, indique Aurélien Chabert qui pense que le CH aura sans doute besoin d'une autre aide de 1 million pour réduire son déficit ou tout du moins le stabiliser par rapport à 2018.
 
L'hôpital dispose actuellement de 157 lits et places de MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) et de SSR (soins de suite et de réadaptation), ainsi que 290 lits de long séjour et une vingtaine de places de Ssiad (service de soins infirmiers à domicile). Il a déjà appliqué des plans de retour à l'équilibre et a mené des actions pour "optimiser" ses effectifs, procédant à même à des gels de postes et de lits pendant 3 mois début 2019, souligne Aurélien Chabert.
 
S'il peut encore effectuer quelques réorganisations, il doit surtout parvenir à embaucher des médecins, son déficit s'expliquant surtout par un manque d'activité, donc de recettes, dû aux difficultés de recrutement, indique-t-il.
 
Il cite en exemples la gastro-entérologie et l'ORL, spécialités dans lesquelles l'établissement a une activité mais souhaiterait renforcer les effectifs médicaux. Il évoque aussi des carences en cardiologie et en ophtalmologie.
 
Pour pallier ces manques de médecins, avec le soutien de l'ARS, il cherche à recruter des assistants à temps partagé. "Mais il faut trouver des candidats et c'est un travail de longue haleine", insiste-t-il.
 
Le Haut-Bugey, qui est situé sur les contreforts du Jura, peut tout à fait intéresser des médecins ou des professionnels paramédicaux ayant une famille, estime Aurélien Chabert, qui loue la "qualité de vie" de la région et les prix modérés de l'immobilier.
 
Estimant qu'une simple annonce ne suffit plus pour recruter, son établissement essaye d'autres outils. Par exemple, en juin, il a organisé un "challenge trail des professions de santé" (courses à pied) pour montrer que le Haut-Bugey est "un lieu privilégié pour pratiquer les sports de pleine nature".
 
Avec l'appui de la mairie, il a aussi réalisé une vidéo de présentation du CH, diffusée sur You Tube.
 

Les communautés médicales doivent apprendre à se connaître

 

Aurélien Chabert table également sur le renforcement des coopérations avec le CH de Bourg-en-Bresse dans le cadre du GHT.
 
Des coopérations avaient été lancées mais ont été arrêtées, rapporte-t-il en citant l'arrêt, en octobre 2018, des consultations avancées qui étaient effectuées en gynécologie par des praticiens de l'hôpital de Bourg-en-Bresse.
 
En réalité, il faut "reprendre les choses à la base et que les deux communautés médicales fassent déjà véritablement connaissance", estime-t-il en notant que cette volonté est également partagée par la nouvelle directrice du CH de Bourg-en-Bresse, Frédérique Labro-Gouby. "Notre objectif est de pouvoir créer du lien mais cela peut prendre un an, deux ans ou trois ans", observe-t-il.
 
Aurélien Chabert reconnaît que des coopérations existent, comme en urologie, en endocrinologie, en néphrologie ou encore dans le domaine des soins palliatifs pour lesquels l'équipe mobile du CH de Bourg-en-Bresse intervient dans tout le GHT.
 
Sur l'endocrinologie, il est envisagé que les 2 praticiens qui viennent actuellement de Bourg-en-Bresse pour assurer des consultations avancées réalisent aussi des examens en hôpital de jour à Oyonnax, en nutrition et en diabétologie.
 
Il évoque également l'ouverture à Oyonnax, en septembre, d'une antenne du service de santé publique de l'hôpital de Bourg-en-Bresse, pour effectuer des actions de dépistage, de la vaccination ou pour tenir un centre antituberculeux.
 
En oncologie, les deux établissements ont un projet de convention d'association pour l'administration des chimiothérapies, avec l'objectif de commencer à l'automne.
 
S'agissant des urgences, qui ont enregistré 23.000 passages en 2018 et dont l'activité ne cesse d'augmenter, surtout pour des consultations externes, "nous avons une équipe mais cela reste très fragile", souligne Aurélien Chabert.
 
Dans ce domaine, le CH du Haut-Bugey travaille sur un projet de postes partagés ville-hôpital dans le cadre de la nouvelle mesure mise en oeuvre cette année dans le cadre de "Ma santé 2022".
 
Interrogée, dans un entretien séparé par APMnews, la directrice du CH de Bourg-en-Bresse a indiqué que le chef du pôle urgences de l'établissement intervenait aux urgences de l'hôpital d'Oyonnax, mais que son CH a lui-même traversé une période délicate dans ce domaine, il n'avait pu soutenir celui d'Oyonnax autant que prévu.
 
Sur les autres sujets concernant le GHT, c'est-dire les infrastructures, les achats, le système d'information, "nous travaillons de manière harmonieuse et nous nous voyons très régulièrement avec les équipes de Bourg-en-Bresse", assure le directeur par intérim du CH du Haut-Bugey, qui a dû aussi reconstituer toute son équipe de direction à son arrivée.
 

Des réorganisations internes en réflexion

 

Aurélien Chabert, qui insiste sur la "qualité" des locaux (l'hôpital ayant été entièrement reconstruit en 2007) travaille aussi en interne sur d'autres aspects, comme le repositionnement de l'unité de courte durée, sur des éléments de la logistique ou encore sur l'organisation des effectifs.
 
Il explique qu'il étudie la mise en place d'un pool inter-pôles d'infirmiers et d'aides-soignants, qui serait commun aux secteurs MCO, SSR et Ehpad.
 
Les membres de ce pool interviendraient uniquement pour répondre aux absences inopinées et de courte durée (de moins d'un mois), dans le but de parvenir à "zéro rappel sur repos" et ainsi "sécuriser les professionnels dans la planification de leur travail".
 
Interrogé sur le niveau de l'absentéisme, il précise qu'il dépend des secteurs d'activité et que le taux a surtout connu une hausse dans le secteur du long séjour.
 
san/nc/APMnews
[SAN8PUH66L]

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