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Recruteurs

Grève des urgences à l'AP-HP: la direction propose 230 emplois supplémentaires

Publiée le: 28.06.2019
 
PARIS, 28 juin 2019 (APMnews) - La direction générale de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a proposé aux syndicats et aux représentants du collectif Inter-urgences de créer 230 emplois supplémentaires dans les services des urgences, selon un compte rendu d'une réunion qui s'est tenue mardi.
 
Cette réunion avec des représentants du collectif Inter-urgences, de la CGT, de FO, SUD et de la CFDT s'est tenue alors que le mouvement de grève qui s'est étendu dans les services des urgences de l'AP-HP dure depuis quatre mois. Le personnel mobilisé réclame des effectifs supplémentaires, une revalorisation salariale et la réouverture de lits d'aval pour éviter les hospitalisations sur les brancards, dans les couloirs des urgences, rappelle-t-on.
 
"Le directeur général propose de créer et d’affecter 200 emplois sur tous les services des urgences sur lesquels les analyses convergent", écrit l'AP-HP dans le compte rendu de la réunion dont APMnews a eu copie.
 
Elle prévoit en outre "une enveloppe complémentaire de 30 emplois, d’ores et déjà budgétés, qui pourront être alloués, sans dès à présent décider leur service d’affectation, une fois les analyses de besoin terminées sur les sites pour lesquels il n’y a pas aujourd’hui d’accord".
 
Sur les rémunérations, le directeur général a rappelé la prime forfaitaire de risque de 100 euros nets annoncée par la ministre (cf dépêche du 27/06/2019 à 17:42), ainsi que "la prime d’insalubrité, qui avait fait l’objet de discussions" préalables, "avec une proposition de la porter à 65 € bruts (56 € nets) pour 20 jours travaillés". L'AP-HP précise souhaiter que ces deux primes soient cumulables.
 
Reste, pour les rémunérations, "la prime de 'coopération' qui représenterait 100 € bruts pour les personnels non médicaux engagés dans de tels protocoles".
 
Le compte rendu précise que le directeur général propose notamment "d’élaborer rapidement, en associant les équipes soignantes, un ou des protocoles pouvant concerner les aides-soignants, à l’instar de ceux qui concerneront les infirmières (et les puéricultrices dans les SAU pédiatriques)".
 
Il souhaite aussi "répondre favorablement à la demande de la HAS [Haute autorité de santé] d’une implication des équipes de l’AP-HP dans l’instruction de ces protocoles pour accélérer leur accréditation".
 
Martin Hirsch a également proposé "de faire en sorte que les protocoles puissent avoir l’application la plus large et la plus partagée dans les services des urgences de l’AP-HP". Il souhaite "engager un travail collectif pour réfléchir comment, au-delà des protocoles de coopération, les compétences ainsi acquises pourraient être mieux intégrées à la formation initiale et à l’évolution des carrières".
 
Sur le mécanisme d’intéressement prévu dans le projet de loi fonction publique, "le directeur général propose qu’une 'proposition AP-HP' soit constituée pour que ce mécanisme puisse s’appliquer aux urgences, de manière collective, sur des critères cohérents avec les objectifs de qualité et de service rendu aux patients et à un niveau qui soit significatif pour les agents".
 
Il préconise "qu’une telle proposition, qui pourra concerner d’autres services que les urgences, puisse être élaborée à l’AP-HP pour le mois de septembre ou d’octobre".
 
La mise en oeuvre possible "d’une valorisation du tutorat dans des conditions adaptées" aux services des urgences est également évoquée.
"L’ensemble de ces éléments combinés permettront, dans certains cas de figure et qui pourront être nombreux si l’ensemble de l’AP-HP avance efficacement sur les protocoles de coopération, [d'atteindre] 300 € de rémunération nette", chiffre l'institution.
 
"Sur l’aval, qui est un sujet majeur pour la bonne prise en charge des patients et la qualité de travail aux urgences, le directeur général propose que l’AP-HP s'engage dans une démarche pilotée par l’agence régionale de santé [ARS], visant à construire établissement par établissement un projet de 'contrat zéro lit brancard'" (cf dépêche du 27/06/2019 à 19:07).
 
"L’AP-HP est en mesure de formaliser cette proposition pour que l’agence régionale de santé puisse engager cette démarche sans délai."
 
Le directeur général propose par ailleurs que les professionnels non médicaux soient représentés dans le comité de pilotage des urgences.
 
Pour Christophe Prudhomme, représentant de la CGT Santé et action sociale et porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), ces propositions ne sont pas à la hauteur des revendications.
 
"Un préalable n'est pas levé, celui du plan de retour à l'équilibre de l'AP-HP qui prévoit la suppression de 800 postes" en 2019, a-t-il commenté auprès d'APMnews vendredi.
 
Et "si l'on reste dans la configuration de la suppression de lits, notamment en gériatrie, c'est le serpent qui se mord la queue" sur la question de l'aval, a-t-il ajouté.
 
"Sans cadrage national" permettant de "desserrer la contrainte financière sur les hôpitaux, on ne pourra pas trouver de solutions à la grève", a-t-il considéré, soulignant que la mobilisation est désormais nationale.
 
Le collectif Inter-urgences reconnaît quant à lui "des avancées au sein de l'AP-HP, pas suffisantes" et attend "des réflexions et des décisions nationales", selon une réaction postée sur sa page Facebook.
 
"Notre détermination reste inchangée", pointe-t-il. Il dénombre désormais 149 services "dans le mouvement" sur l'ensemble du territoire.
 
Sur les effectifs, le collectif et les syndicats avaient initialement dénombré 700 équivalents temps plein (ETP) manquant dans les services des urgences de l'AP-HP. La demande du collectif a été ultérieurement chiffrée à 360 ETP, selon une évaluation réalisée auprès des services, "sachant que tous n'ont pas fait remonter leurs besoins", a précisé à APMnews Hugo Huon, l'un des représentants du collectif.
 
Quant au volet rémunération, l'AP-HP semble "être arrivée au bout du cadre donné par la ministre", avec une proposition qui n'est pas "sécurisante puisque qu'il s'agit d'un agrégat de primes", dont certaines ne sont pas encore acquises, a-t-il ajouté.
 
Le collectif, la CGT, FO et SUD appellent à une manifestation nationale mardi, rappelle-t-on.
 
mlb/ab/APMnews
[MLB0PTTE6S]

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