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Recruteurs

Le CHU de la Martinique a assaini sa trésorerie (directeur général)

Publiée le: 22.01.2019

(Par Maryannick Le BRIS)
FORT-DE-FRANCE, 22 janvier 2019 (APMnews) - L'aide exceptionnelle de 40 millions d'euros accordée par l'Etat au CHU de la Martinique lui a permis d'assainir sa trésorerie et de réduire le délai de paiement de ses fournisseurs, a expliqué mardi son directeur général, Benjamin Garel, sollicité par APMnews au lendemain de la cérémonie des voeux de l'établissement.
 
Cette enveloppe a été annoncée par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, lors d'un déplacement aux Antilles, fin septembre 2018, avec plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn (cf dépêche du 28/09/2018 à 16:35).
 
Grâce cette aide, "la situation de la trésorerie s'est améliorée", s'est félicité Benjamin Garel, directeur général du CHU depuis juillet 2018. Il a pris ses fonctions après la mission d'administration provisoire qui avait été mise en place pendant six mois, rappelle-t-on (cf dépêche dépêche du 21/06/2018 à 12:51).
 
L'enveloppe de 40 M€ a été entièrement "injectée en trésorerie" afin "d'améliorer la logistique et nos relations avec nos fournisseurs locaux, c'était un point essentiel", a-t-il souligné. "Cela a permis de passer de un an de délai de paiement à environ six mois, ce qui est exceptionnel. Ce délai n'a jamais été aussi rapide", a-t-il observé.
 
Les finances du CHU sont en revanche "toujours aussi dégradées". "On va terminer l'année à peu près comme l'année dernière, à -117, -118 M€ [de résultat] hors aides. Avec les aides, on termine à -3 ou - 4 M€" sur un budget de 600 M€ (compte principal), a-t-il poursuivi.
 
L'activité "commence à ré-augmenter un peu", a-t-il relevé. Sur celle constatée en novembre 2018, "on a une centaine de séjours en plus" par rapport à la même période 2017, en hospitalisation complète.
 
Sur le plan de la maîtrise des charges, "la masse salariale du personnel non médical est restée au même niveau", ce qui a entraîné "une légère décroissance des effectifs" de 38 équivalents temps plein rémunérés (ETPR) sur un effectif de 4.500 professionnels non médicaux, a précisé le directeur général du CHU.
 
S'agissant des projets d'investissement engagés, Benjamin Garel a évoqué le chantier de rénovation du centre Emma Ventura, qui comprend plus de 300 lits et places en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et unité de soins de longue durée (USLD). "Les conditions d'hébergement étant très dégradées, des travaux de réhabilitation sont en cours pour que les patients vivent mieux et que les personnels soignants aient des conditions plus agréables de travail", a-t-il expliqué.
 
Les travaux d'une unité ont été terminés fin 2018, "avec 33 lits dans une unité toute neuve". Pour cette opération, l'investissement est "en partie porté par la collectivité territoriale de la Martinique, pour un montant de 1,5 M€ sur plusieurs années", a-t-il détaillé.
 

Près de 80 M€ d'investissement sur cinq ans

 

Sur l'ancien site du Lamentin bourg, "qui a quasiment été fermé, toutes les activités ont été déplacées sur le site de Mangot Vulcin, mais il en restait deux, une unité de soins de longue durée et une unité d'hémodialyse, à rapatrier, car cela nécessitait des travaux. Elle seront transférées en novembre 2019", a poursuivi Benjamin Garel.

Des travaux sont également en train d'être programmés sur le site de Pierre Zobda-Quitman. Sur le site de Trinité, "il y a des travaux de maintenance" en attendant des rénovations plus importantes, a mentionné le directeur général du CHU.
 
Pour la période 2019-2024, le CHU devrait dépenser 78 M€ en investissements, a-t-il précisé.
 
Parmi les défis du CHU pour 2019 figurent aussi les difficultés de recrutement de radiologues, qui allongent les délais d'accès à l'imagerie. "On est en train de travailler pour reconstituer une équipe et voir comment on peut faire avec le privé", a esquissé Benjamin Garel.
 
Le service d' hématologie, dont la survie a été menacée en octobre dernier pour cause de pénurie médicale (cf dépêche du 01/10/2018 à 19:03), a été maintenu, "tenu en partie par des oncologues". Le projet est désormais de constituer un service commun d'onco-hématologie à la fin du premier trimestre 2019, a-t-il annoncé. Après le recrutement d'un praticien attaché associé en janvier, le service compte deux hématologues, "alors que, il y a quelques années, ils étaient cinq".
 
La capacité du service est passée de 18 lits d'hospitalisation complète à 12 lits. Les 10 lits d'hospitalisation de jour ont été conservées. Deux médecins de l'Institut Gustave-Roussy viennent au CHU une semaine tous les mois et "nous avons accès 24h/24 à leur ligne de séniors", notamment pour l'aide au diagnostic, a rappelé Benjamin Garel.
 
Le CHU a par ailleurs pour ambition de développer l'activité en ambulatoire. "Les taux sont actuellement très bas, nous avons de la marge de manoeuvre", a souligné le directeur général. Il a précisé que les objectifs "seront fixés dans les prochaines semaines", lors des réflexions précédant la présentation du projet de l'établissement en Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins (Copermo), en avril.
 
Au vu de la situation financière du CHU, "nous présenterons notre projet pour valider à quelle hauteur et comment nous accompagne l'Etat, car sans [son] accompagnement, on ne tient pas", a-t-il insisté.
 
Il s'agit de "montrer que l'on assainit la gestion de l'hôpital, que l'on arrive à bien travailler notre adéquation entre les charges et la capacité, avec moins de lits vides, du personnel en nombre aux bons endroits", et de faire en sorte que l'hôpital fonctionne dans de bonnes conditions, notamment sur le plan logistique.
 
mlb/san/APMnews
 
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