Nous utilisons des cookies afin de vous rendre la navigation sur notre site Web plus agréable. Afin de respecter la Directive relative à la Confidentialité Electronique, nous devons vous demander l’autorisation de mettre en place ces cookies.

Recruteurs

Un collectif de plus de 100 médecins appelle à favoriser l'accès des femmes aux postes hospitalo-universitaires

Publiée le: 28.12.2018

PARIS, 28 décembre 2018 (APMnews) - Un collectif de plus de 100 médecins demande, dans une tribune publiée dans Le Monde daté de samedi, qu'un état des lieux soit réalisé sur la place des femmes dans les carrières hospitalo-universitaires et que des mesures soient prises pour favoriser leur accès aux postes de professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) et de direction.
 
"Nous appelons à prendre toutes les mesures nécessaires pour favoriser une accession satisfaisante des femmes aux postes hospitalo-universitaires, au sein desquels elles ne sont que peu représentées depuis la création des centres hospitalo-universitaires (CHU) en 1958", écrivent les signataires, en grande majorité des femmes, parmi lesquels de nombreux PU-PH de différentes spécialités, de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et d'autres CHU, comme ceux de Rennes, Lille, Nantes, Lyon, Marseille, Grenoble, Nice, Toulouse, Bordeaux.
 
"Le mercredi 24 octobre, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a engagé une discussion sur l’égalité entre les hommes et les femmes, érigée 'grande cause du quinquennat' dans la fonction publique, dont la fonction publique hospitalière", rappellent les médecins.
 
Ils soulignent que, selon le conseil national de l’ordre des médecins, "en 2016, 54% de la population des médecins de 35-50 ans étaient des femmes". Ils ajoutent que, "comparativement, en 2017 et 2018, sur 366 nominations à un poste de PU-PH, 104 (soit 28%) concernaient des femmes. Ces mêmes années, sur 298 nominations à un poste de maître des conférences-praticien hospitalier (MCU-PH), 113 (soit 38%) concernaient des femmes".
 
Dans certaines disciplines, "l’écart de nomination entre les hommes et les femmes est particulièrement marqué: anesthésie, médecine intensive-réanimation, psychiatrie, rhumatologie, médecine interne, gastro-entérologie et hépatologie, chirurgie thoracique, plastique, orthopédique, et vasculaire, ou gynécologie-obstétrique notamment".
 
Les auteurs de la tribune observent que "les 12 présidents des commissions médicales d’établissement locales [...] du plus grand CHU de France (Assistance publique-hôpitaux de Paris), sont tous des hommes".
 
"La commission médicale d’établissement centrale de ce même CHU comporte 10 représentants des chefs de pôle, et parmi eux une seule femme, et 12 représentants des personnels enseignants et hospitaliers titulaires médicaux ou chirurgicaux, parmi eux une seule femme. Parmi les représentants des professeurs en biologie, les femmes sont en revanche prédominantes", détaillent-ils.
 
Et ils donnent un autre exemple: "Lors du vote pour le renouvellement des membres du conseil d’administration d’une société savante médicale, la liste proposée comportait huit hommes, et une seule femme."
 
Les freins à l’accès des femmes aux postes hospitalo-universitaires "ne sont pas complètement élucidés", estiment ensuite les auteurs. "Certaines pistes ont été avancées: l’autocensure des femmes vis-à-vis de ces carrières, le temps nécessaire, y compris sur le temps familial, pour les publications scientifiques, l’obligation de mobilité (au moins un an, souvent en dehors du territoire national), ou encore une reproduction inconsciente et collective du schéma masculin prédominant à l’université".
"Pour atténuer ces écarts, nous proposons qu’un état des lieux soit mené, et rendu public, sur la place des femmes dans les carrières hospitalo-universitaires en France (cette donnée étant absente du dernier rapport de la Cour des comptes sur les CHU) et les postes de direction", plaident-ils.
 
Ils demandent "que les femmes soient davantage représentées dans les instances dirigeantes des hôpitaux, des facultés de médecine, des sous-sections du Conseil national des universités, des conseils d’administration des sociétés savantes médicales, et qu’elles accèdent aux postes de direction hospitaliers et universitaires, de doyens ou vice-doyens de faculté ou présidents d’universités".
 
Ils proposent également qu'"une réflexion et des actions soient menées pour accompagner les femmes à être candidates aux nominations" de MCU-PH ou PU-PH. Les objectifs d'un meilleur accès des femmes à ces postes "pourraient être atteints à moyen terme, au fil du renouvellement des instances, et des nominations", considèrent-ils.
 
Le Monde de samedi, qui titre en Une sur les "Hôpitaux: des postes de pouvoir si masculins", publie aussi, outre cette tribune, des témoignages sur la place des femmes dans le monde hospitalo-universitaire, et interroge sur ce sujet la sociologue de la santé Anne-Chantal Hardy.
 
Parmi les signataires (liste complète sur la page Facebook de la tribune):
 
Laurence Bouillet, professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH), interniste, CHU de Grenoble; Anne Bourgarit-Durand, PU-PH, interniste, hôpital Jean-Verdier, Bondy (Seine-Saint-Denis, AP-HP); Fleur Cohen Aubart, maître de conférences des universités-praticien hospitalier (MCU-PH), interniste, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (AP-HP); Isabelle Desguerre, PU-PH, neuro-pédiatre, hôpital Necker, Paris (AP-HP); Agnès Hartemann, PU-PH, diabétologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (AP-HP); Dominique Israel-Biet, PU-PH, pneumologue, hôpital européen Georges-Pompidou, Paris (AP-HP); Véronique Leblond, PU-PH, hématologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (AP-HP); Agnès Linglart, PU-PH, endocrino-pédiatre, hôpital du Kremlin-Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne, AP-HP); Thomas Papo, PU-PH, interniste, hôpital Bichat, Paris (AP-HP); Anaïs Roeser, diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine interne, Ile-de-France; Olivier Steichen, PU-PH, interniste, hôpital Tenon, Paris (AP-HP); Karine Viala, PH, neurologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (AP-HP).
 
mlb/vl/APMnews
 
[MLB5PKFT9Y]

Toutes les news