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Recruteurs

L’AP-HP vise une réduction de près de 800 postes pour amorcer son redressement financier en 2019

Publiée le: 26.11.2018
 

(Par Maryannick LE BRIS)
 
PARIS, 26 novembre 2018 (APMnews) - L’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) table sur un redressement financier en 2019, notamment en réduisant ses effectifs de 779 équivalents temps plein (ETP) de personnels non médicaux, a indiqué le CHU vendredi soir à APMnews.
 
Le budget prévisionnel de l'AP-HP et son plan global de financement pluriannuel (PGFP) doivent être présentés au comité technique d’établissement (CTE) mardi, puis à la commission médicale d’établissement (CME) et au conseil de surveillance en décembre.
 
La diminution prévue d'effectifs résulte de la poursuite en 2019 de la stabilité de la masse salariale de l'AP-HP, a-t-on commenté au sein de sa direction, confirmant le chiffre dévoilé vendredi par plusieurs titres de presse.
 
Elle doit permettre de réduire le déficit du budget principal du CHU à 145 millions d’euros, contre 200 M€ en 2018. Celui de son budget consolidé serait ramené de 181 à 137 M€, selon l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2019 qu'APMnews a pu consulter.
 
Selon la présentation de l'EPRD 2019, la stabilité des dépenses de personnel doit résulter notamment de la réduction de l’intérim, de la "diminution des charges de permanence des soins", de non remplacements de départs et de redéploiements à l’occasion de réorganisations. Des mesures prévues dans le cadre du plan de transformation de l'AP-HP, comme l’évolution capacitaire et le volet numérique, doivent également avoir des effets sur la maîtrise des charges.
 
La réduction à hauteur de 779 postes non médicaux en équivalent temps plein rémunérés (ETPR) inscrite dans le budget prévisionnel (sur 87.891 ETPR médicaux et non médicaux inscrits au budget principal en 2019), dont 240 postes de soignants tous statuts confondus, "est une prévision à ce stade, et plus on maîtrisera les dépenses d’intérim, moins cela fera de postes non médicaux à supprimer", a pointé l’AP-HP auprès d'APMnews.
Elle a expliqué à APMnews que les réductions et non remplacements de postes découlent notamment de la bascule vers l’ambulatoire, "qui correspond à une organisation, pas à un rabot budgétaire".
 
La réduction d'effectifs touche également les directions et les services administratifs concernés par les rapprochements de groupes hospitaliers, en vue de leur fusion fin 2019. Deux directeurs préfigurateurs ont été nommés en septembre pour les groupements AP-HP.5 (relié à l'université Paris-Descartes - Paris V) et AP-HP.6 (rattaché à Sorbonne Université) (cf dépêche du 17/09/2018 à 19:08). Ils ont désormais chacun "une seule équipe de direction, cela concerne 50% de l’AP-HP", a-t-on pointé au CHU.
 
La masse salariale est aussi maîtrisée en fonction de l’activité, sachant que lorsque "les lits ne sont pas assez occupés, on diminue [leur nombre] ou on les bascule en ambulatoire", a-t-on ajouté de même source.
 
L'AP-HP avait déjà décidé de geler sa masse salariale en cours d’exercice 2018 (la maîtrise des dépenses de personnel devait initialement se traduire cette année par une hausse de 0,7%). "On fera plus que respecter l’objectif de stabilité" cette année en raison de vacances de postes sur des métiers en tension, a précisé l’AP-HP. L’économie doit ainsi atteindre 20 M€.
 
Elle n'a en revanche pas confirmé la suppression nette de 405 équivalents temps plein (ETP) en 2018, avancée par la presse. Ce chiffre correspond à "une estimation découlant de la masse salariale en septembre", considère l'AP-HP. Il doit selon elle être affiné "en fin d’année, en tenant compte des bosses de recrutement" qui ont habituellement lieu pendant l’hiver.
 
Sur les conséquences de la réduction d’effectifs pour les services, la direction a répondu que le CHU "s’est donné en même temps des ambitions plus réalistes en termes d’activité", ce qui entraîne "un écart moins grand avec la progression de la masse salariale".
 
Les syndicats, eux, craignent de nouvelles fermetures de postes et de lits, alors qu'ils dénoncent déjà la pénurie de moyens dans certains services. "Avec l’effet GVT [glissement, vieillesse, technicité], un maintien des effectifs nécessiterait un minimum d’évolution de 1,2% de la masse salariale chaque année. Le gel ne suffira sans doute pas et quand l’AP-HP va corriger en cours d’exercice ses prévisions, on ira vraisemblablement vers 1.000, 1.200 postes supprimés", redoute Olivier Youinou, co-secrétaire général de SUD Santé AP-HP.
 
Selon son document de présentation, l’EPRD 2019 de l’AP-HP repose sur une prévision de croissance de l’activité de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) de 1,2%, portée principalement par celle de l’hospitalisation partielle (+1,9%). L’objectif de hausse d’activité de l’hospitalisation complète est limité à +0,4%. Il est fixé à +7,9% pour l’hospitalisation à domicile (HAD). Cette évolution se traduit par une prévision de la hausse des recettes de séjour de 0,4% (avec l’hypothèse d’une baisse tarifaire de 0,6%) et de 0,6% en intégrant l’HAD, soit un gain de 16,5 M€.
 
Le budget prévisionnel prévoit une capacité d'autofinancement (CAF) du CHU à hauteur de 218 M€ en 2019, contre 142 M€ en 2018. Elle avait déjà progressé de 50% entre 2017 et 2018. "A déficit constant, la CAF est augmentée de 48 M€ en 2018, sachant que l’on se fixe sur les cinq ans à venir un objectif de 400 M€ pour financer nos investissements", a souligné l'AP-HP.
 
"Plus que la réduction du déficit, la boussole principale pour 2019 est l’amélioration de la CAF, qui est le vrai signal du redressement dès cette année de l’AP-HP et de sa capacité à financer ses investissements", a relevé le CHU.
 
Le total des produits présentés à l’EPRD s’élève à 7,3 milliards d’euros, en hausse de 0,2% par rapport à la prévision de résultat 2018.
 
Les dépenses prévisionnelles d’investissement s’élèvent à 422 M€ (380 M€ en 2018), dont 256 M€ de travaux, 105 M€ d’équipements et 60 M€ pour le système d’information. Les financements sont principalement assurés par la CAF, un recours à l’emprunt à hauteur de 315 M€ (346 M€ en 2018), des cessions d’actifs pour un montant de 20 M€ et des subventions d’investissement attendues à hauteur de 10 M€.
 
Des investissements estimés à 2,5 milliards d’euros sur cinq ans
 
Le document de présentation du PGFP 2019-2023, qu’APMnews a pu consulter, précise que le plan de transformation de l’AP-HP doit générer 725 M€ d’efficience sur la période (cf dépêche du 12/11/2018 à 18:46), dont la moitié doit porter sur les charges, l’autre sur les recettes.
 
 
Ce plan de transformation repose notamment sur une stabilité de la masse salariale au cours des cinq prochaines années "afin de soutenir un niveau d’investissement exceptionnel d’environ 2,5 milliards d’euros", avec "des opérations majeures et une modernisation continue des équipements et des systèmes d’information".
 
 
La trajectoire de redressement vise un retour à l’équilibre du résultat consolidé et un niveau de CAF supérieur à 300 M€ en 2021, puis un retour à l’équilibre du compte de résultat principal et un taux de marge brute supérieur à 6% en 2023. Il est de 2,62% en 2018 et devrait passer à 3,69% en 2019.
 
 
Le PGFP prévoit également la prolongation de la maîtrise des charges à caractère médical (+0,3% en 2019 puis +1,3%), à caractère hospitalier et général (diminution en 2019 puis stabilisation jusqu’en 2023) et le développement mesuré de l’activité d’hospitalisation (+ 1,1% par an).
 
 
Il se base en outre sur une stabilisation des crédits au titre des missions d'intérêt général et de l'aide à la contractualisation (Migac) et du fonds d'intervention régional (FIR), pour un montant de 1,18 milliard d’euros sur la période.
 
L’encours de la dette de l’AP-HP doit passer de 2,67 milliards d’euros en 2019 à 2,89 milliards d’euros en 2023, et le taux d’endettement de 35, 3% à 35,1%.
 
 
Le PGFP intègre par ailleurs des subventions attendues pour de grandes opérations, comme les aides décidées par le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins (Copermo) pour le "Nouveau Lariboisière" (87 M€), le Campus Nord (168 M€), "ainsi qu’une hypothèse d’aide à hauteur de 30% du coût prévisionnel de deux futures opérations majeures, en cours de programmation (Nouveau Garche sur le site d’Ambroise-Paré, projet de configuration des sites d’Avicenne avec le pôle femmes-enfants et Jean-Verdier)".
 
 
mlb/san/APMnews
 
[MLB2PIR177]

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