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Recruteurs

"L'industrie du médicament du XXIè siècle, ce sont des métiers de plus en plus techniques"

Publiée le: 08.11.2018
Interview
Pascal Le Guyader, directeur des affaires générales, industrielles et sociales du Leem (fédération patronale de l'industrie pharmaceutique)

 
"L'industrie du médicament du XXIè siècle, ce sont des métiers de plus en plus techniques"


 
  • L'industrie pharmaceutique est-elle un gros pourvoyeur d'emplois ?
 
Le secteur compte environ 127.000 personnes. Il s'avère actuellement dynamique en matière d'emplois puisque les entreprises du médicament recrutent entre 8000 et 10.000 personnes par an. Parmi ces embauches, on compte 2.700 contrats d'apprentissage ou de professionnalisation. Pour les jeunes, l'alternance représente aujourd'hui la meilleure porte d'entrée dans l'industrie pharmaceutique.
 
  • Quelles sont les familles de métier qui tirent l'emploi ?
 
Tout d'abord les métiers de la production. Dans les sites industriels, on recherche des opérateurs, des techniciens, des techniciens de maintenance. Sur certains bassins d'emplois, notamment dans la région Centre-Val-de-Loire, ces métiers concurrence entre elles mais aussi avec connaissent de fortes tensions car les entreprises du médicament sont en celles de la cosmétologie voire de l'agroalimentaire. Dans les zones frontalières de la Suisse et de l'Allemagne, aussi, la concurrence est rude. La seconde grande famille de métier qui embauche, c'est celle du réglementaire, de la déontologie, de la compliance. On a besoin de spécialistes à la fois dans les sièges sociaux et les sites de production.

 
  • La filière industrielle souffre globalement d'un problème d'attractivité. Êtes-vous, vous aussi, touché par ce phénomène ?
 
Absolument. Nous avons du mal à convaincre les jeunes – et leurs parents – de se former à nos métiers. L'industrie pâtit d'une image à la Zola alors que dans nos sites de production, vous pouvez vous coucher sur le sol sans crainte de vous salir. L'industrie du médicament du XXIè siècle, ce sont des métiers de plus en plus techniques, pour lesquels on recrute des jeunes qualifiés, avec au moins un bac pro, voire un BTS.
Dans nos sites, faire de la maintenance, ça consiste de plus en plus à visualiser la panne sur un écran, avec la machine reproduite en 3D. C'est fini, le bouton rouge qui s'allume.

 
  • Y a-t-il, a contrario, des métiers en décroissance ?
 
Les visiteurs médicaux voient leur nombre chuter. C'est un métier fragile, en pleine mutation. Il ne va pas disparaître mais beaucoup évoluer. Avec la digitalisation, les laboratoires ont moins besoin de promouvoir leurs produits en rencontrant les médecins dans leurs cabinets. Le face-à-face sera toujours nécessaire, mais avec d'autres approches. Les métiers du marketing, aussi, sont très touchés par les évolutions technologiques. Les chefs de produit qu'on recrute aujourd'hui doivent eux-aussi avoir des compétences digitales que leurs aînés n'avaient pas.
 
  • Cette digitalisation touche-t-elle toute votre activité ?
 
Oui, elle impacte tous les métiers mais aussi l'organisation du travail. On va disposer de données de plus en plus fines sur les besoins médicaux, l'efficacité des protocoles, l'individualisation de l'offre de soins. Nos entreprises vont devoir recruter en masse des spécialistes de l'analyse et du traitement des données. Du côté de la recherche, la France est aussi très bien positionnée sur les thérapies géniques et cellulaires.
Ce sont des domaines qui pourraient, demain, être pourvoyeurs d'emplois.

 

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