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Recruteurs

Près de neuf directeurs sur 10 engagés dans une démarche qualité de vie au travail (baromètre FHF-Obea)

Publiée le: 26.09.2018
PARIS, 26 septembre 2018 (APMnews) - 89% des directeurs d'établissements de santé et médico-sociaux, directeurs des ressources humaines (DRH) et directeurs des affaires médicales (DAM) sont engagés dans une démarche qualité de vie au travail (QVT), avec un investissement en forte hausse dans le domaine, selon les résultats du troisième baromètre des enjeux RH (ressources humaines) publié mercredi et réalisé pour la Fédération hospitalière de France (FHF) par le groupe de services Obea.
 
Dans le précédent baromètre, publié en octobre 2017, 72% des directeurs sollicités avaient assuré s'être engagés dans une démarche QVT (cf dépêche du 09/10/2017 à 09:56).
 
Ce 3e baromètre, présenté lors d'une conférence de presse de la FHF, compile les réponses fournies en mai par 87 directeurs d'établissements de santé et médico-sociaux et 196 DRH et DAM à des questionnaires (66 à 68 questions) d'Obea.
 
Parmi les directeurs qui se sont lancés dans une démarche de QVT, 34% ont indiqué avoir déployé des actions "sans engagement formalisé" et 55% ont fait part d'un "engagement formalisé". Cette année, "on est rentré dans le détail sur la façon dont étaient montées les politiques de QVT", a signifié Marie Houssel, responsable du pôle ressources humaines à la FHF.
 
Si les établissements étaient "auparavant" simplement "investis dans le déploiement d'un certain nombre d'actions", "on a aujourd'hui un engagement formalisé au plus haut niveau, un engagement institutionnel. Les actions sont plus organisées, on prend le temps de réaliser des diagnostics, on met en place des commissions spécifiques pour suivre ces engagements et on associe les représentants du personnel à ces démarches", a analysé Jérôme Miara, PDG d'Obea.
 
Les actions dans la QVT partent en majorité d'une "démarche structurelle" et ne sont donc "pas cosmétiques", a abondé Marie Houssel. Elles concernent "l'organisation du travail", ce qui "rejoint bien nos préconisations sur la QVT", notamment celle de "travailler sur le travail et son organisation", a poursuivi la responsable du pôle ressources humaines à la FHF.
 
La FHF avait présenté fin mai un rapport comprenant 20 préconisations pour "renforcer" la QVT, via notamment une meilleure formation des hospitaliers aux techniques de management et en favorisant le dialogue entre professionnels, rappelle-t-on (cf dépêche du 31/05/2018 à 13:40).
 
Toutefois, "la majorité des directeurs interrogés n'ont pas pu encore mesurer d'amélioration nette par rapport aux actions engagées dans la QVT. [...] 70% d'entre eux jugent ainsi qu'il est trop tôt pour se prononcer", a ajouté Jérôme Miara. Ils sont 12% à avoir noté des améliorations.
 
Les établissements sont "très engagés dans la QVT, mais sont tiraillés entre la volonté d'accompagner les équipes dans des projets porteurs de sens et les objectifs court-termistes de réduction de la masse salariale avec une vigilance de contrôle des dépenses", a signifié Marie Houssel.
 
A l'instar du baromètre précédent, la maîtrise de la masse salariale (citée par 83% des interrogés), l'absentéisme (53%), le dialogue social (38%), l'organisation du travail (34%), les conditions de travail et la QVT (30%), ainsi que l'attractivité et la fidélisation (30%) sont les premiers sujets de mobilisation des DRH.
 
Ces derniers souhaiteraient pouvoir plus s'investir sur les conditions de travail et la QVT (39%), les compétences managériales (35%), la gestion prévisionnelle des métiers et compétence (GMPC) à 33%, l'organisation du travail (32%), mais aussi sur l'attractivité et la fidélisation (31%).
 
Figure également dans ce 3e baromètre la question de l'attractivité médicale. C'est un sujet de forte mobilisation pour 75% des directeurs des affaires médicales (DAM).
 
Un tiers des établissements (93% des CHU et 22% des centres hospitaliers de moins de 2.000 salariés) ont intégré un volet médical dans le projet social ou mis en place des actions spécifiques en la matière. Par ailleurs 42% des établissements ont signé une charte d'accueil des internes.
 
Les actions pour renforcer l'attractivité médicale sont principalement menées "dans la politique d'accueil des étudiants et des praticiens, la formation des responsables médicaux au management ou encore la prévention des risques psycho-sociaux (RPS) et la QVT", a égrené Jérôme Miara.
 
Interrogés sur les mesures appliquées dans le cadre du plan ministériel pour l'attractivité médicale (cf dépêche du 04/10/2016 à 14:09), seuls 25% des directeurs jugent que la prime d'engagement de carrière hospitalière est efficiente et 28% ont le même avis sur la prime d'exercice territorial.
 
Par ailleurs, la quasi-totalité (96%) des CHU et centres hospitaliers (CH) de plus de 2.000 salariés constatent que la mise en oeuvre des nouvelles maquettes de 3e cycle (cf dépêche du 30/03/2018 à 13:08) touche négativement leur établissement, a poursuivi Jérôme Miara. Ils sont 77% à pointer une inadéquation entre répartition des stages et besoins ou moyens de l'établissement, et 85% à évoquer des difficultés de recrutement de faisant fonction d'internes [FFI] et stagiaires associés.
 

Un besoin d'accompagnement pour les GHT
 

Sur les GHT, la perception reste positive concernant les perspectives pour les professionnels à 68%, bien qu'en baisse de 2 points par rapport au baromètre précédent. La perception est également positive pour 61% des interrogés en ce qui concerne la prise en charge des patients, un pourcentage similaire à celui du précédent baromètre.
 

Toutefois, 69% des directeurs évoquent un manque d'accompagnement des établissements (contre 74% en 2017). Enfin, ils sont 53% à considérer les outils statutaires inadaptés pour la mobilité multi-sites et 71% à penser qu'un travail d'harmonisation doit être réalisé. Ces deux pourcentages sont proches de ceux du baromètre précédent.
 
L'enquête évoque également un "dialogue social hétérogène". Sur les 12 derniers mois, 24% des directeurs issus des 31 CHU interrogés n'ont relevé aucun signalement de dangers graves imminents (DGI) gérés, 29% en ont compté un par trimestre, 10% un par mois et 29% plusieurs par mois. Dans les centres hospitaliers, 70% des managers interrogés indiquent n'avoir reçu aucun signalement de ce type, 23% en ont enregistré un par trimestre.
 
Sur les expertises demandées par les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans les 12 mois précédant l'enquête d'Obea, 43% des CHU ont déclaré ne pas en avoir géré, 29% en ont pris en charge une par trimestre, 5% une par mois, 10% plusieurs par mois. Dans les CH, 82% n'en ont eu aucune à prendre en compte et 10% en ont enregistré une par trimestre.
 
Ces expertises "ne sont pas toujours utilisées à bon escient", alors que "les solutions peuvent être trouvées en interne", a avancé Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF qui a estimé que leur coût pouvait grimper à plusieurs dizaines de milliers €.
 
Enfin, 33% des CHU ont signalé la tenue d'une réunion ordinaire ou extraordinaire par trimestre du CHSCT au cours des 12 derniers mois, 24% une par mois et 43% plusieurs par mois. Au sein des CH, 16% n'en ont signalé aucune, 68 une par trimestre, 8% une par mois et 3% plusieurs par mois.
 
A noter que 48% des directeurs (+9 points en un an) perçoivent une dégradation de leurs conditions d'exercice, soit 9 points de plus que dans le baromètre précédent.
 
jyp/ab/APMnews
 
[JYP9PFM3VE]

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