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Recruteurs

GHT : une gestion des ressources humaines à adapter aux projets médicaux partagés

Publiée le: 05.02.2018
(Par Geoffroy LANG)
 
LEVALLOIS-PERRET (Hauts-de-Seine), 5 février 2018 (APMnews) - Plusieurs responsables hospitaliers ont décrit vendredi l'évolution de leur gestion des ressources humaines au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT) à l'occasion d'une journée d'étude de l'Adrhess organisée à Levallois-Perret.
 
Avec la constitution des GHT, les services de ressources humaines des établissements supports et des établissements parties ont été amenés à échanger et à modifier leurs pratiques pour accompagner progressivement la mise en place des projets médicaux partagés (PMP).
 
Sophie Marchandet, directrice des ressources humaines (DRH) du Centre hospitalier national d'ophtalmologie (CHNO) des Quinze-Vingt (Paris) et ancienne DRH de l'établissement public de santé (EPS) Maison Blanche (Paris), a décrit le cheminement suivi par les établissements du GHT Paris psychiatrie et neurosciences pour mutualiser leurs moyens durant cette journée d'étude de l'association pour le développement des ressources humaines dans les établissements sanitaires et sociaux (Adrhess).
 
Ce GHT rassemble le centre hospitalier Sainte-Anne (CHSA), l'EPS Maison-Blanche et le groupement public de santé (GPS) de Perray-Vaucluse, avec l'Association de santé mentale du XIIIe arrondissement (ASM 13) et les services de psychiatrie des Hôpitaux de Saint-Maurice (cf dépêche du 15/11/2017 à 15:46).
 
"Nous avons eu deux étapes de regroupement. Dans le cadre de la direction commune (cf dépêche du 09/07/2014 à 12:44), on a regroupé toutes les fonctions achats, logistique, systèmes d’information, la direction des parcours, l’admission, et les finances au niveau de l’établissement support [CH Saint-Anne]", a rapporté Sophie Marchandet.
 
Ce rapprochement a affecté 154 agents qui ont vu leur lieu de travail être déplacé de 15 kilomètres, soit "3 heures de trajet en plus par jour" pour certains d'entre eux.
 
Pour accompagner ces effectifs, les services des ressources humaines du GHT ont mis en place plusieurs dispositifs, comme la création d'un "point infos-conseil" proposant les services d'une assistante du travail et d'un psychologue du travail pour accompagner les salariés dans cette transition, ou dans la construction de "projets professionnels personnalisés".
 
Les organisations syndicales ont été associées à ce processus de transition dans le cadre des instances et de réunions bimensuelles, et les agents concernés par ce premier déménagement se sont également vu proposer "des indemnités de départ" ou "des indemnités d’aide à la mobilité".
 
 

800 agents concernés lors du transfert des secteurs de psychiatrie

 
En juin 2016, la seconde étape a concerné le transfert des secteurs de psychiatrie adulte et infanto-juvénile du GPS Perray-Vaucluse vers Sainte-Anne et Maison-Blanche (cf dépêche du 08/02/2017 à 15:48), au cours duquel les 800 professionnels médicaux et non médicaux concernés ont d'abord connu "un changement d'employeur avant un déménagement physique".
 
"Pour permettre une acculturation et une arrivée dans de bonnes conditions" des personnels, les directions des ressources humaines et des soins de trois établissements ont organisé plusieurs réunions de formation.
 
"Trois mois et demi après leur arrivée, des journées d’intégration ont été organisées pour les nouveaux arrivants avec un rappel des droits et des obligations puis un questionnaire de satisfaction sur l’accompagnement proposé", a retracé Sophie Marchandet.
 
La responsable des ressources humaines a indiqué que les retours avaient été majoritairement positifs. "Les questions et les inquiétudes qui persistaient concernaient la place des agents transférés dans la nouvelle organisation [du GHT]", a-t-elle précisé à APMnews.
 
L'ancienne responsable DRH de l'EPS Maison Blanche a conclu son intervention en soulignant que les services de ressources humaines devaient accompagner la mise en oeuvre des projets médicaux partagés tout particulièrement dans le cas de GHT très intégrés à l'image du GHT Paris psychiatrie et neurosciences. Elle a également mis en avant le rôle des "nouveaux métiers des RH" comme les "préventeurs" pour atténuer les risques psycho-sociaux.
 
 

Une approche pragmatique au CHU de Dijon

 
De son côté, la directrice du CHU de Dijon, Elisabeth Beau, a prôné une approche pragmatique des questions de ressources humaines au sein des GHT.
 
"On n’a pas décidé de faire une direction des affaires médicales au sein du GHT, mais par contre de rapprocher les acteurs des affaires médicales dans les différents établissements", a-t-elle expliqué au cours de cette journée d'étude de l'Adrhess.
 
Le CHU de Dijon, établissement support du GHT 21-25, et ses partenaires ont entamé "des discussions autour de la mise en oeuvre du projet médical partagé" pour mettre en place "une nouvelle organisation médicale" répondant aux problématiques de ressources humaines: postes vacants, financement des postes partagés, rémunération des personnels, planification du temps médical à l’échelle du GHT.
 
"On s’est rendu compte qu’on avait un manque d’outils aussi bien au niveau des établissements parties que de l'établissement support", a pointé Elisabeth Beau.
 
"Nous avons actuellement 32 médecins qui partagent leur temps entre le CHU et un établissement du GHT, c’est peu et c'est déjà beaucoup", a-t-elle poursuivi.
 
"On s’est naturellement tourné vers des communautés médicales hospitalières qui nous semblent être un outil très souple", a développé la directrice du CHU de Dijon, en mentionnant deux fédérations médicales inter-hospitalière (FMIH) en ophtalmologie et en neuro-pneumo-cardiologie au sein de son GHT (cf dépêche du 12/01/2018 à 18:22).
 
La directrice du CHU de Dijon a annoncé la création "prochainement d'une FMIH en radiologie" qui devrait évoluer à terme en plateforme d’imagerie médicale mutualisée (Pimm).
 

Une collaboration territoriale au sein des plateaux d'imagerie mutualisés

 
Me Laurent Houdart, avocat associé au cabinet Houdart (Paris), a assuré que les Pimm pouvaient être à l'origine "d’une véritable révolution" pour favoriser "la mutualisation des équipements, et "la création d'organisations communes pour la radiologie diagnostique et interventionnelle".
 
Grâce à l'ordonnance du 18 janvier 2018 simplifiant le régime des autorisations sanitaires (cf dépêche du 18/01/2018 à 15:58), les Pimm peuvent devenir "un levier pour lutter contre la pénurie de radiologues dans les établissements publics", a mis en avant Me Houdart.
 
L'article L6122-15 du code de la santé indique que la création d'un plateau d’imagerie médicale mutualisé doit être validée par l'agence régionale de santé (ARS), notamment en fonction de sa compatibilité avec les orientations du schéma régional de santé. Si l'autorisation de l'ARS est accordée pour 5 ans avant d'être renouvelée, Laurent Houdart a assuré qu'on observait "quasiment jamais de refus de renouvellement".
Au sein d'un groupement de coopération sanitaire (GCS), "les Pimm permettent de mutualiser des équipes de manipulateurs, des radiologues publics et privés et l’ensemble des équipements lourds [...] sur un ou plusieurs sites", a énuméré l'avocat.
 
Selon lui, les Pimm permettent une collaboration vertueuse entre les acteurs publics et privés: "On casse la logique des patients des uns et des autres, ce sont les patients uniques de la plateforme".
 
Les Pimm offrent également la possibilité de proposer "une rémunération unique pour le public et le privé, basée sur un forfait avec une prime d’intéressement".
 
gl/sl/APMnews

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